Tunisie : Le coronavirus a amplifié le phénomène de morts subites

Parce qu’ils craignaient d’être infectés par le Covid-19, de nombreux patients n’ont pas daigné se rendre à l’hôpital pour se faire soigner et des morts subites auraient pu être évitées si ces patients n’avaient pas refusé de s’y rendre par crainte d’être infectés.

Le constat est du chef de service chirurgie à l’hôpital Charles Nicolle, Ramzi Nouira qui a indiqué, samedi, dans une déclaration à l’agence TAP « qu’un certain nombre de morts subites enregistrées au cours de la période récente auraient pu être évitées si les patients n’avaient pas refusé de se rendre à l’hôpital par crainte d’une infection par le Coronavirus ».

Il a fait savoir que cinq décès ont été enregistrés au cours du mois d’avril au service de médecine légale de l’hôpital Charles Nicolle dont deux des suites d’une maladie des gros intestins et trois d’un ulcère d’estomac.

« Depuis plus de 30 ou 40 ans, nous n’avons plus entendu parler en Tunisie de personnes décédées de maladies du gros intestin ou d’ulcères d’estomac, mais en cette conjoncture sanitaire exceptionnelle, certaines personnes ont oublié qu’il existe des maladies plus graves que le Covid-19 et mettent, ainsi, leur vie en danger », a-t-il dit.

Il a souligné que le service « B » de l’hôpital Charles Nicolle a admis plus de 100 patients au cours du mois de mars 2020 contre 30, seulement, pendant le mois d’avril, ajoutant qu’il est normal que le nombre de patients diminue en raison de la baisse des accidents du travail et de la route dont le nombre se situe approximativement autour de 20 cas. Qu’en est-il des 50 autres patients ? », s’est-il interrogé.

Le médecin a appelé tous les malades dont l’état de santé nécessite un suivi permanent ainsi tous ceux qui souffrent de douleurs persistantes à se faire consulter sans attendre après avoir pris toutes les précautions nécessaires pour se prémunir contre Covid-19.

Ramzi Nouira apporte ainsi d’autres éléments de réponse concernant la polémique sur une éventuelle surmortalité des personnes âgées durant le mois de mars et d’avril causée notamment par leur non-prise en charge par les hôpitaux en raison de la crise du coronavirus.

De son côté, le ministère des Affaires sociales a régi en signalant qu’aucun boom exceptionnel de décès des retraités n’a été enregistré, en Tunisie, par rapport au taux de mortalité enregistré pendant les périodes de référence, précisant que le nombre de décès des retraités a plutôt baissé, au cours des quatre premiers mois 2020.

Selon le communiqué, au cours des quatre premiers mois de 2020 (jusqu’au 14 avril 2020), seulement 2252 décès ont été enregistrés parmi les retraités de la CNRPS, contre 3274 cas, au cours de la même période 2019 et 3105 décès, durant la même période de l’année 2018.

Quant aux retraités de la CNSS, le nombre de décès parmi eux, s’est élevé, du 1er janvier au 22 avril 2020, à 2076 cas contre 5371 cas, au cours des 4 premiers mois de 2019, et 5702 cas, au cours de la même période en 2018.

Commentaires:

Commentez...