Au pays des intellectuels tristes, le savoir est un monopole

Au pays des intellectuels tristes, le savoir est un monopole

Par -
Ibn Khaldoun

Le drame de la Tunisie, c’est que ses intellectuels au lieu de faire évoluer les idées, ne pensent qu’au pouvoir que leur statut leur octroie.

Posture d’une tristesse qui n’a d’égale que les ailes étriqués que cette imposture donne aux tenants du savoir vertical, des tours d’ivoire et de l’écrasement du gai savoir. Je viens d’en avoir hier une nouvelle fois la preuve après un échange aussi anodin que mon interlocuteur.

Le savoir appartient à ceux qui vouent leur vie à l’apprentissage et pas à ceux qui, situation acquise, passent leur vie à tirer sur la vie.

Un intellectuel se définit à mon sens par sa curiosité et sa conviction qu’on ne finit jamais d’apprendre.

Et des intellectuels tunisiens de cette trempe, j’en ai connu des dizaines qui ont été et resteront mes maitres, sont aujourd’hui mes pairs dans la collégialité que fonde le respect réciproque et seront demain – sait-on jamais- mes disciples.

Par contre, trop d’intellectuels passent leur temps à insulter l’avenir, tromper la jeunesse et, trop souvent, confondent le clavier d’un ordinateur avec un mirador.

Ce mal qui ronge ceux supposés porter et partager l’intelligence de la nation, est l’une des tares les plus insidieuses, la véritable ligne de fracture qui a ouvert des boulevards à l’intégrisme.

On ne saurait sortir indemne d’une vision féodale et triste du savoir. Au contraire, cette posture assimile ceux qui la cultivent aux plus féroces obscurantistes, ceux-là même qui se réjouissent des avancées de l’inculture et de l’effritement des savoirs.

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