Cairo Je t’aime !

Cairo Je t’aime !

Par -
Cairo je t'aime
Entrée de l’exposition Cairo je t’aime.

 

Lorsque j’étais toute petite, je regardais tous les films égyptiens qui passaient à la télévision. J’avais rit avec Adel Imam, j’avais pleuré avec Faten Hamama, j’avais chanté avec Abdelhalim Hafez, j’avais jalousé la sympathie de Souad Hosni, j’avais tremblé devant Si Sayed (Yahya Chahine dans la trilogie de Naguib Mahfouz), j’avais connu mes premiers sentiments amoureux avec Roshdy Abadha…

Ensuite, adolescente, ma mère, elle-même passionnée de films égyptiens, m’emmenait au cinéma avec elle pour voir ses idoles. C’est ainsi que nous avions vu des dizaines et des dizaines de films des années 1970/80,  et plus particulièrement ceux de Nadia Il Gendi, Najla Fethi, Mahmoud Yassine…

Adulte, j’ai continué à aller voir tous ces films égyptiens.

Comme un grand nombre de jeunes de ma génération, j’ai donc grandi en rêvant de l’Égypte. Lorsque j’avais eu 22 ans, mes parents m’avaient enfin offert ce voyage au pays du cinéma arabe.

Arrivée sur place, j’avais eu l’impression d’intégrer un film. En fait, je vivais au sein d’un film. Les gens parlaient comme dans un film. Les quartiers et les rues étaient comme dans les films et m’étaient tous très familiers, je connaissais depuis toujours Zamalek, El Maadi, Garden City, El Gamaleya….

Cairo Je t'aime
Mausolée d’El Hussein

En plus j’avais l’impression à chaque visite que j’accomplissais, de vivre quelque chose que j’avais déjà vu dans un film: à « Sidna Il Hussein » je m’étais rappelée de la célèbre visite de « Sitt Amina » à ce même mausolée dans le film Impasse des deux palais (1964) adapté du livre de Naguib Mahfouz ; et quelle émotion en passant devant le salon de thé Groppi (actuellement en travaux de restauration) dans lequel se donnaient tous les rendez vous des films en noir et blanc ou devant le Palais de Justice où de très nombreux films ont été tournés…

Cairo je t'aime
Le salon de thé Groppi

Cela avait d’ailleurs été pareil à Alexandrie. La célèbre plage que l’on voit dans plusieurs films en noir et blanc, avec ses petits bungalows au bord de la mer, ou le parc du Palais Royal où Shadia et Abdelhalim Hafez se déclaraient leur amour…..

Dans chaque endroit, j’avais des souvenirs…. et bien sûr je prenais des photos dans tous ces endroits.

Lors de mes voyages d’après, cette impression de vivre dans un film s’est un peu estompée. Je m’étais habituée au fait que tous les égyptiens parlent comme dans un film (il est évident bien sûr que les égyptiens dans la vraie vie, parlent en égyptien comme ils parlent dans leurs films!). Mais cette joie et ce bonheur de se trouver dans un endroit « mythique » restent toujours vivaces.

Se retrouver dans le célèbre café et bar El Horreya, où Hend Sabry et Mahmoud Hemeda se rencontraient dans le film Malik wa kitaba (2006), ou dîner au Club Grec où Adel Imam allait écouter Yosra jouer du piano et chanter dans Immeuble Yacoubian (2006), ou se promener dans les rues de Héliopolis où Ghada Adel était tombée amoureuse de Khaled Abol Naga dans Fi Shoqet Masr Al Gedeeda (2007)…

Cette magie s’est renouvelée la semaine dernière lors de ma participation au colloque international « Cinéma et littérature en Égypte » organisé par l’université du Caire.

Me retrouver devant ce bâtiment de l’université, à la coupole si célèbre, ou des dizaines et des dizaines de films ont été tournés, ou presque tous les acteurs égyptiens ont fait leurs études dans plusieurs films, comme Souad Hosni dans Khalli belek min zouzou (1972), ou Nelly Karim dans Bent ismaha Zaat (2013) ou même Mohamed Emam dans l’Immeuble Yacoubian (2006)…

On se rend compte ainsi à quel point le cinéma peut promouvoir un pays, sa culture et son histoire. Rien ne peut égaler le cinéma dans ce domaine, même pas la littérature. Un livre peut donner envie de connaître un pays et le visiter, mais je pense qu’une image qui s’imprime dans nos mémoires peut être encore plus efficace ou impressionnante.

Le Festival International du Film du Caire (CIFF), voulant préserver la mémoire du cinéma égyptien, a utilisé des technologies nouvelles pour nous faire vivre et revivre ces expériences. C’est ainsi que pour cette 41eme édition, une exposition Cairo, je t’aime à été organisée.

Cairo Je t'aime
La Ministre de la Culture et le Président du CIFF inaugurent l’exposition Cairo Je t’aime
Cairo Je t'aime
Inauguration de l’exposition Cairo Je t’aime

Inaugurée par par Ines Abdel Dayem, Ministre de la Culture, Mohamed Hefzy, Président du CIFF, les actrices Elham Chahine et Lebleba et plusieurs autres professionnels du cinéma, Cairo je t’aime permet de se promener à la Place Talaat Harb, où la statue animée de ce dernier raconte les débuts du cinéma égyptien et ses liens avec la ville du Caire, de passer devant la façade de Groppi, de voir un film au cinéma Miami…

Cairo Je t'aime
Cairo Je t’aime – La statue de Talaat Harb raconte les début du cinéma égyptien…

Certaines photos exposées superposent des scènes de films sur des endroits du Caire où on été tournés des films.

Cairo je t'aime
Superposition des deux photos: Shadia et Salah Qabeel dans la rue Moez Eddine dans le film Zo2a2 El Madaq.

Parallèlement à cette exposition, une application sur téléphone mobile (à télécharger ici) permet de se promener dans les rues du Caire et de découvrir les quartiers dans lesquels des films ont été tournés.

Que de beaux souvenirs et de que belles émotions!

 

Application Cairo je t'aime
Application Cairo Je t’aime.

 

افتتاح معرض «القاهرة أحبك» ضمن فعاليات مهرجان القاهرة السينمائي الدولي

🔵 افتتاح معرض «القاهرة أحبك» ضمن فعاليات مهرجان القاهرة السينمائي الدولي في دورته الـ 41

Publiée par Almal Life sur Dimanche 24 novembre 2019

Neïla Driss

 

Lire sur le même sujet:

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo

CIFF 2019 Mehdi Barsaoui recevant le prix Meilleur Film Arabe

Un fils