GFF 2019 – Un festival de l’Humanité, qui allie cinéma et tourisme.

Affiche de l'édition III du GFF
Affiche de l’édition du GFF 2019

Ce soir débute la III ème édition du Festival du Film d’El Gouna (GFF), le plus grand des plus jeunes festivals de cinéma du monde arabe.

Si « Cinéma de l’Humanité » est le slogan permanent du Festival du Film d’El Gouna, c’est justement parce qu’à travers le très large choix de films de qualité, venant de plusieurs pays, et les diverses événements organisés, son but est de permettre de porter un regard différent sur toutes les cultures du monde, de les connaitre et d’accepter ainsi les différences.

Ces films qui font réfléchir, suscitent des émotions et ont un impact sur les spectateurs, ont souvent été en compétition dans de prestigieux festivals de cinéma, à l’instar des festivals de Cannes, de Berlin, de Toronto ou de Venise. Certains y ont même été primés, comme le film sud-coréen Parasite, Palme d’Or lors de la dernière édition du Festival de Cannes.
Plusieurs de ces films ont d’ailleurs été sélectionnés par leur pays pour les représenter dans la course pour l’Oscar du Meilleur Film en Langue étrangère, comme par exemple le film marocain Adam de Meriem Touzani, le film algérien Papicha de Mounia Meddour et le film brésilien La Vie invisible d’Euridice Gusmao réalisé par Karim Aïnouz. Ces trois films ayant d’ailleurs été en compétition à Cannes dans la sélection Un certain Regard.

Sans oublier que le GFF a également pour but de construire un pont entre les professionnels de pays divers et s’oblige à découvrir de nouveaux talents pour être un outil d’évolution du cinéma dans le monde arabe.

Pour Naguib Sawiris, fondateur du GFF, ce festival a eu beaucoup de chance. Il est né gagnant. En effet, les gens en parlent avec admiration comme s’il avait existé depuis 20 ans déjà, et s’étonnent de la qualité des invités, des films et de l’organisation. Par ailleurs, ce festival dépasse le cadre du cinéma, puisqu’il a des retombées sur le tourisme en faisant parler de l’Egypte et en la faisant connaitre.

Son frère Samih Sawiris, fondateur de la ville d’El Gouna, qui fête cette année son trentième anniversaire, confirme d’ailleurs cet aspect : « Grace au succès du festival, aujourd’hui c’est toute la région de Hurghada qui est concernée par cet événement cinématographique. Il y a 30 ans, lorsque j’étais venu à El Gouna, alors qu’elle n’était qu’un désert, je n’aurais jamais cru qu’elle deviendrait aussi importante, ni qu’elle serait un projet aussi réussi. J’aurais cru qu’elle serait une simple petite station balnéaire, juste un ou deux hôtels et quelques restaurants. Mais petit à petit, il y a eu d’autres hôtels, des maisons, des restaurants, une école, un hôpital, une faculté… Aujourd’hui El Gouna est une vraie ville. Et depuis quelques semaines a débuté la construction d’une salle des congrès, qui servira pour plusieurs évènements, pour des concerts, pour des projections, pour le festival… »

Samih Sawiris a également expliqué que pour assurer la réussite et la pérennité d’un festival, il faut qu’il évolue et qu’il ait toujours des nouveautés. Pour le Festival du Film d’El Gouna, l’idée est que le festival doit créer un lien entre tourisme et cinéma et qu’il doit être un plus pour sa région. C’est pour cela que toute la ville a collaboré dans ce festival et lui a donné son identité. Le festival d’El Gouna est un festival ville, où tous les habitants sont impliqués, contrairement par exemple au Festival International du Film du Caire qui ne dépasse pas les limites de l’Opéra.

Par ailleurs, les organisateurs sont toujours à l’affut de nouvelles idées. L’année dernière, il y a eu un grand concert dédié à la mémoire de Youssef Chahine, cette année une convention a été signée avec l’UNICEF qui fête le 30ème anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Enfant, pour travailler sur les films qui concernent les enfants.

Pour cette troisième édition, le GFF 2019 rendra hommage à l’acteur Mohamed Henedi, ce qui en soit est une double nouveauté : d’abord parce qu’il est rare que les festivals de cinéma s’intéressent aux comédies et aux acteurs comiques et ensuite parce que généralement les festivals rendent surtout hommage à de vieux artistes en fin de carrière. Mohamed Henedi a été choisi parce qu’il a été précurseur dans son domaine et a ouvert la voie à plusieurs acteurs de comédie.

Par ailleurs, à l’occasion de cette IIIème édition, une nouvelle salle de cinéma a été ouverte à Hurghada, pour permettre à ses habitants de profiter également du festival.

Toutes ces nouveautés enrichissent le Festival du Film d’El Gouna, contribuent à son succès et l’aident dans sa mission à faire parler de l’Egypte.

GFF 2019 – Hommage à Mohamed Henedy

Pour Naguib Sawiris, la réussite du Festival du Film d’El Gouna concerne principalement :

1/ L’éveil culturel :
Lors de la deuxième édition du festival, il a été vendu 5 fois plus de tickets que la première année. Mais ce qui est encore plus remarquable est que sur les réseaux sociaux, il y eu énormément d’interactions : les gens parlaient des films, s’échangeaient les titres, se prenaient parfois en photos avec les tickets, disaient combien de films ils étaient allés voir…

2/ L’école pour les bénévoles :
Il a été remarqué que les bénévoles qui travaillent pour le Festival du Film d’El Gouna arrivent à décrocher ensuite des emplois dans de grandes entreprises qui veulent profiter de leur expérience dans l’organisation et l’efficacité et surtout le travail d’équipe. Ils sont également recrutés pour l’organisation d’événements importants.

3/ El Gouna comme destination touristique :
Le festival a eu une excellente influence sur toute la ville et même sur tout le pays. En 2018, en 9 jours, 29 000 personnes ont assisté au festival. Il a même fallut rajouter des chambres à El Gouna et loger certains festivaliers à Hurghada.

4/ Un festival important pour les professionnels :
En trois ans, le Festival du Film d’El Gouna est devenu un festival important pour les professionnels qui sont d’ailleurs très heureux que leurs films y soient programmés. Les plus grands films du cinéma mondial y sont projetés en première arabe et parfois même en première mondiale. La plupart ayant remporté des prix prestigieux dans de grands festivals. Sans oublier les masters classes, ateliers, discussions et invités célèbres, comme par exemple cette année l’acteur canadien d’origine égyptienne, Mena Massoud, qui a joué le rôle principal dans le film Aladdin produit par Disney.
Et bien sur la réussite de la plateforme CineGouna : sur les dix projets aidés par le festival, neuf sont allés dans grands festivals (trois à Toronto, cinq à Berlin et un à San Sebastien).

Rendez-vous ce soir à la cérémonie d’ouverture du GFF 2019 !

Neila Driss

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