Aid El Kebir : Souvenirs d’Errahba de Tunis

Aid El Kebir : Souvenirs d’Errahba de Tunis

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Pour avoir grandi entre Bab Menara et Bab Djedid, j’ai bien connu certains quartiers hauts de la ville de Tunis.
Et c’est notamment d’El Marr, El Morkadh, Ras Edderb et Errahba que je garde les lointains souvenirs d’un enfant émerveillé.

Errahba était le quartier le plus haut de la ville et, dans le temps, on y organisait des courses de chevaux, véritables fantasias que nous nommons « malaab ».

Plus communément, le quartier et sa grande place servaient de marchés aux moutons et, en période d’Aid, les animaux étaient nombreux à y être parqués.

En ce temps, lorsqu’on introduisait des ovins dans la ville, il fallait payer une taxe contre le montant de laquelle on vous remettait un document qu’il fallait remettre à l’acheteur du mouton.

Toutefois, c’est l’animation spécifique du quartier en période d’Aid qui laisse le souvenir le plus marquant.
La ville se transformait littéralement et ce quartier en particulier. Il faut dire que d’El Marr à El Morkadh, les moutons étaient partout donnant une allure d’étable géante à la cité.

Les coutelleries ambulantes aiguisaient les instruments de cuisine, les enfants circulaient partout, admirant les béliers et leurs cornes et les adultes faisaient des gestes biscornus, comme vérifier la denture d’un mouton ou palper sa toison d’un air savant et convenu.

Errahba devenait un théâtre de plein air, avec des transactions qui vont bon train et des relations cornéliennes qui s’engageaient entre les ovins, animaux de compagnie pour un temps, voués au sacrifice.
Les superstitions étaient partout et déjà, dans la paille des étables de fortune, on parlait de l’épaule droite de l’animal ou de sa vésicule biliaire qui sera scrutée attentivement.

Toute une ville convergeait alors vers Errahba qu’on peut traduire par « grande place » ou même « forum ».
Ce quartier qui, avec Ras Edderb, se trouve tout en haut de Tunis, porte aujourd’hui le nom « place du Leader » et rassemble des universités, à quelques pas du boulevard du 9 avril.

Difficile d’imaginer la presse des décennies antérieures, devant ce jardin public qui se trouve entre trois portes du rempart extérieur de la ville.

C’est en effet à la confluence de Bab Sidi Abdallah, Bab Sidi Gacem et Bab Sidi El Gorjani que se trouvait la fameuse et inoubliable Place du marché au moutons que nous nommions Errahba.

 

H.B. 

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