Festival de la médina : Zohra Lajnef en état de grâce

Festival de la médina : Zohra Lajnef en état de grâce

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Alors que l’édition 2019 du festival de la médina tire vers sa fin, il fallait une soirée hors-norme, un moment choisi et mémorable pour marquer ce millésime.

Le spectacle de Zohra Lajnef aura été cette balise idéale qui restera dans l’esprit du public. De purs instants de bonheur vécus à la Bonbonnière mercredi 29 mai.

Artiste réputée pour ses recherches dans les terroirs et son sens du rythme, Zohra Lajnef n’aura pas déçu. Loin de là car elle a emballé l’assistance en deux temps, trois mouvements.

Mélopées lancinantes et chants festifs ont ponctué une soirée où l’artiste a donné le meilleur d’elle-même, évoquant la mémoire amazigh, les chants touaregs et les hymnes sacrés.

Allant chercher ses rythmes aux confins de la Mauritanie ou du Mali, Zohra Lajnef avait le profond désir hier soir de réveiller les racines africaines, le corps noir ébène qui se niche dans l’inconscient des Tunisiens.

Il fallait voir la réactivité de la salle pour se convaincre que Lajnef avait raison d’aller loin, aussi bien dans l’espace que dans la mémoire, pour retrouver chants des terroirs et métisser rythmes tunisiens et maures du désert.

En l’écoutant, nous ne savions plus si c’était une voix du Maroc, du Soudan ou de la Tunisie du sud. Elle parvenait à marier les influences et les arrangements musicaux servaient bien son propos.

Avec un batteur omniprésent, soutenu par un « tabbel » traditionnel et aussi un bendir, le rythme coulait de source et ouvrait des boulevards devant les solistes. Au violon, au saxophone ou à la flûte, ces derniers s’en sont donné à coeur-joie.

C’est d’ailleurs cela qui sautait aux yeux et créait une atmosphère unique: le bonheur de jouer des musiciens et les danses de Zohra Lajnef dont la présence scénique est incontestable.

Tout de noir revêtue, dans un costume ample et la chevelure au vent, la chanteuse esquissait des pas de danse ou s’asseyait pour quelques instants où elle chantait quasiment a capela.

Un tour de chant intense et équilibré car rien n’était laissé au hasard et les enchaînements se succédaient comme réglés par un métronome.

Le public est vite entré dans la joie et laissé vibrer les corps dansants. La Bonbonnière s’est alors comme emballée et accouché de l’une des plus belles soirées de l’édition 2019 du festival.

Si les absents avaient tort, Zohra Lajnef avait elle tout à fait raison de convoquer nos origines africaines profondes et semer à tout vent les chants du désert et de la tribu.

Un spectacle exceptionnel et une artiste qui va en confirmant son envergure!

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