Musique : Le mythique « biwa » de la sublime Akiko Sakurai

Musique : Le mythique « biwa » de la sublime Akiko Sakurai

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Comment l’expliquer ? En écoutant la musicienne japonaise Akiko Sakurai, je ne pouvais m’empêcher de penser aux meddah de notre histoire.

Car les meddah ont ceci de proche de cette interprète de biwa : ils racontent les mythes en s’accompagnant de musique. Pour le meddah, c’est un bendir qui ponctue le récit. Pour Akiko Sakurai, c’est le biwa qui scande la parole élégiaque.

Le biwa est un luth japonais, un lointain cousin de notre oud. Akiko Sakurai excelle dans l’utilisation de cet instrument. Initiée par les plus grands maîtres, elle compte parmi les meilleurs joueurs de biwa et effectue à ce titre des tournées au Japon et à travers le monde.

Son passage récent à Tunis a permis de découvrir le biwa et ses tonalités mystérieuses. Avec son plectre, la musicienne japonaise a fait vibrer le biwa et lui a donné toute son ampleur.

Interprétant des œuvres classiques et ses propres compositions, Akiko Sakurai a aussi raconté la longue histoire du biwa et son rapport intime à la tradition nippone.

Avec pédagogie, elle a littéralement initié les présents et démontré l’étendue de la musicalité de son instrument. Venant d’un passé lointain, les mélopées remontaient et s’épanouissaient pleinement dans le ciel de Carthage.

Virtuose et médiatrice d’un legs ancestral, l’artiste semblait sur un nuage de soie à l’image des cordes du biwa, un instrument réalisé dans un bois rare et précieux.

Comme le ferait un meddah (ou bien un gaouel, un fdaoui ou un ghannay), Akiko Sakurai a raconté le Japon, avec une voix qui montait haut pour chavirer dans les méandres de l’invisible.

Une voix et un luth japonais. Une silhouette en kimono et des altitudes vocales insoupçonnées. Le long récit mythique des bardes et des samouraïs de l’Empire du Soleil levant.

Instants précieux et rencontre impromptue avec une immense artiste et ambassadeur culturel du Japon. Comme un songe dans une nuit de printemps, la voix de Akiko Sakurai et son luth rayonnaient entre ciel et mer.

C’était hier, ce sera demain et toujours, à la manière des meddah du lointain Japon, si proche et intime le temps d’un récital/ récit pétri de mythes en partage et sublimé par un luth souverain.

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