Ennejma Ezzahra : Les Turcs de Yazak Helva enchantent Jazz à Carthage

Ennejma Ezzahra : Les Turcs de Yazak Helva enchantent Jazz à Carthage

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Belle initiative de Jazz à Carthage et du Centre des musiques arabes et méditerranéennes! En effet, les deux partenaires ont offert au public un superbe bouquet musical et fait renaître pour quelques trop rares instants l’enchantement de « Mûsiqât » en plein festival de jazz.
Pour rendre à César ce qui lui appartient, il convient de saluer aussi la contribution décisive du « Yunus Emre Institusu » de Tunis dont le dynamique directeur Melih Burak Yediyildiz a été l’une des quatre clés du succès de ce concert.
Car la quatrième clé mérite toute notre attention et notre écoute puisqu’il s’agit de la formation musicale Yasak Helva, un trio de jazz venu tout droit d’Izmir, avec ses sonorités orientales et sa rythmique entre jazz et rock.
Pour les amateurs de jazz, ce concert avait tout d’une exception. D’abord un cadre magique qui hésitait entre Orient et Occident, ensuite une atmosphère de club avec une grande proximité avec les musiciens et enfin, un public suffisamment nombreux pour porter les musiciens et juste assez dense pour donner une touche intimiste à ce concert.
Avec son luth électro-acoustique, Salih Korkut Peker a vite fait d’emballer l’audience. Avec un « mawal » lancinant et évocateur, le leader du groupe, une chéchia bleue sur la tête, a donné le ton avant que la basse de Hakan Gorkem Blyl et la batterie d’Onur Ertem n’entrent en jeu.
Le batteur du groupe était tout simplement impressionnant. Il a assuré sans faillir et par moments, son jeu évoquait la rythmique pesante des John Bonham et autres Keith Moon et Phil Collins. C’est dire l’identité plutôt rock de ce concert, quelque part entre le progressive rock et le free jazz avec une touche orientale clairement perceptible.
Le répertoire des artistes reprenait des standards comme par exemple le « Billie Jean » de Michael Jackson, revisitait des traditions folkloriques comme celles du sud-est de la Turquie ou de l’Azerbaidjan et jouait sur le talent inné des musiciens.
La belle performance de la section rythmique permettait au luthiste électro de jouer sur du velours, multipliant les solos et faisant appel de temps en temps à la distorsion du son pour une échappée belle dans le style des « guitar heroes » des années soixante-dix.
Si cette soirée turque en appelle d’autres dans le même style, elle fait aussi resurgir la nostalgie de « Mûsiqât », le festival des musiques néo-traditionnelles qui pourrait prochainement faire son retour.
Pour le reste, laissez s’exprimer un vieux rocker qui a retrouvé dans l’énergie de ce groupe des réminiscences de trios fameux comme le Cream des débuts ou le Beck Bogert Appice qui suivra.
C’est que Yasak Helva ne faisait pas dans la dentelle mais dans le rock débridé avec une touche jazzy en prime. L’un des musts de Jazz à Carthage 2019!

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