Pourquoi les travailleurs marocains quittent-ils la Tunisie ?

Pourquoi les travailleurs marocains quittent-ils la Tunisie ?

Par - Tunis-Hebdo
Le Maroc a de plus en plus la cote auprès de ses jeunes
De plus en plus de Marocains établis chez nous regagnent leur pays considérant qu’il ne fait plus bon vivre en Tunisie.

Malgré la crise économique et l’effritement du pouvoir d’achat, la Tunisie continue de séduire des milliers de migrants, principalement des Maghrébins et des Subsahariens.

D’après l’Observatoire national de la Migration, près de 44.000 étrangers vivent en Tunisie en 2014. Ces derniers sont répartis comme suit : 19% d’Algériens, 16% de Libyens, 15% de Français, 14% de Subsahariens et 10% de Marocains.

Cette Tunisie d’antan

Dans les années 90, la Tunisie tenait la dragée haute à tous ses voisins maghrébins. Grâce à une économie florissante, au développement des infrastructures touristiques et la venue d’investisseurs étrangers, notre pays offrait des opportunités d’avenir à des milliers de Subsahariens, mais, également, à nos amis marocains. Confrontés à un taux de pauvreté très élevé et aux exactions du vieux monarque Hassan II, beaucoup de Marocains, issus des classes populaires, ont fui vers l’Est.

Plusieurs ont débarqué en Tunisie, la fleur au fusil, en vue de construire quelque chose de solide. Loin d’eux l’idée du tremplin vers l’Europe, car à cette époque, notre pays pouvait se permettre de bomber le torse. Ainsi, des Marocains, venus initialement, décrocher un petit boulot, se sont établis durablement et ont fondé des familles.

Mais à partir des années 2000, la croissance a décéléré et les opportunités économiques sont devenues de plus en plus rares. Parallèlement, le Maroc a retrouvé du poil de la bête.

Les Marocains préfèrent l’Atlas

La Tunisie n’est plus cet eldorado d’il y a 20 ans et donc, n’attire plus autant les marocains qu’avant. Il faut rappeler qu’une bonne partie des Marocains exerce le métier de gardien ou d’homme à tout faire (chaouch). Comme disait l’adage, le Marocain est un berger, l’Algérien, un guerrier et le Tunisien, une femme.

Les sujets du royaume chérifien sont connus, par ailleurs, pour leur honnêteté et leur acharnement à la tache lorsque celle-ci est justement récompensée. De plus, ils savent nouer des liens d’amitiés forts avec leur employeur au point de faire partie de sa famille. Le bien et le mal sont de toutes les nationalités, certes, mais il est rare de se faire entourlouper par un Marocain, surtout si celui-ci a une épée de Damoclès sur la tête.

L’économie du Maroc ayant retrouvé, aujourd’hui, des couleurs (baisse du taux de chômage de 10,2% en 2017 à 9,8% en 2018, soit la création de 86.000 emplois, etc.), a fait en sorte que les Marocains ne sont plus séduits par Tunisie au même titre que les Tunisiens eux mêmes.

Mohamed Habib LADJIMI
Tunis-Hebdo du 11/02/2019

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