Tunisie : La production de phosphate bloquée

Depuis deux jours, la production de phosphate est bloquée dans le bassin minier. Hier, les activité de toutes les unités de la Compagnie de Phosphate de Gafsa (CPG) à Mdhilla ont été suspendues, par des employés de la société de l’environnement, de plantation et de jardinage, empêchant les employés de la CPG de rejoindre leurs sites de travail.

Ce mercredi 12 décembre 2018, les activités de la CPG sont restées paralysées pour la deuxième journée consécutive. Les activités d’extraction, de production et d’approvisionnement de la compagnie sont restées bloquées suite aux protestations des agents de la société de l’environnement, de plantation et de jardinage dans la région qui ont exprimé des revendications matérielles et la mise en place d’un règlement interne pour leur société.

Paralysie totale

En conséquence, toutes les activités de la CPG sont restées bloquées à Metlaoui, Redeyef, Om Larayes et Mdhilla tout comme le transport du phosphate vers les unités du Groupe Chimique Tunisien (Gabès et Mdhila) et de la société Tuniso-indienne des engrais à Skhira (Sfax).

Le syndicat de base des agents de la société de l’environnement à Mdhilla a indiqué à Mosaique fm que ces protestations ont pour objectif de dénoncer la politique d’atermoiement et le désengagement des gouvernements qui se sont succédé depuis la révolution.

Réunion au ministère de l’Industrie

Suite à ces protestations, une réunion s’est tenue ce mercredi 12 décembre 2018 entre le secrétaire général de l’union régionale du travail à Gafsa et les représentants des ouvriers de la société de l’environnement et des plantations à Mdhila qui sont parvenus à trouver un accord.

Le district de Mdhila pourrait reprendre son activité à condition qu’une réunion soit organisée au siège du ministère de l’Industrie durant les prochaines 48 heures pour l’examen des revendications des protestataires.

Baisse de 80% de la production depuis 2010

La crise du phosphate dure, en effet, depuis des années avec pour conséquence une baisse de 80% de la production depuis 2010 (de 8,2 millions de tonnes à 2,6 millions de tonnes en 2018).

La CPG comptait pourtant pouvoir produire 6 millions 500 mille tonnes de phosphate à la fin de 2018, avait déclaré Rafaa Nsib, directeur central de la production à la CPG en mai dernier. Il estimait ce chiffre, réalisable…

Mais le déclenchement, depuis janvier 2018, des sit-in et leur poursuite jusqu’au début du mois de mars de la même année, a engendré le blocage total de l’activité de maintenance et a empêché la CPG d’atteindre cet objectif.

La CPG a, par ailleurs, enregistré des pertes de 1 milliard de dollars en raison du recul des exportations lors de ces huit dernières années et traîne derrière elle un lourd effectif avec plus de 6600 employés alors qu’ils n’était que 4700 en 2010.

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