Après l’attentat : Hier, nous avons frôlé la catastrophe

Après l’attentat : Hier, nous avons frôlé la catastrophe

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Hier, nous avons frôlé la catastrophe. Heureusement, l’opération terroriste a été mené par une « novice » sinon le bilan aurait été ravageur. En soi, l’utilisation par les terroristes d’une jeune femme peu initiée est un aveu d’échec et, à rebours, la preuve que les coups portés par notre appareil sécuritaire à la nébuleuse jihadiste sont payants.

De fabrication artisanale, la ceinture explosive n’était pas un engin aussi redoutable qu’elle aurait pu l’être et n’ pas occasionné les dégâts escomptés par les terroristes qui visaient clairement les forces de l’ordre.

Toutefois, ne l’oublions pas, nous étions à cent mètres du ministère de l’Intérieur, sur la plus grande avenue du pays, avec pour cible une patrouille de police dont la tâche est de sécuriser la présence des touristes sur ce grand axe de la capitale.

En soi, cela révèle des dysfonctionnements inquiétants, même si les agents de l’ordre visés ont pu, selon des témoignages se rendre compte de l’assaut et se disperser à temps. Plus de vigilance est de mise dans cette époque troublée où la menace terroriste reste diffuse malgré les efforts de la sphère sécuritaire.

Second constat: dans leur ensemble, les médias tunisiens ont été efficaces et ont fait preuve de professionnalisme et de retenue. Personne n’a cédé au sensationnalisme et les collègues présents sur le terrain ont permis au public de suivre l’évolution de la situation sans que s’installe la panique.

Les reporters des supports audiovisuels et du web ont rassuré sur les blessés, relativisé et placé dans son contexte l’événement, remonté la trace de la terroriste jusqu’à son domicile et rendu compte de la situation sans tomber dans la surenchère.

Par contre, certains correspondants tunisiens de médias étrangers n’ont pas montré pareil sens de la mesure. On les aurait dit prêts à monter en épingle cet incident malheureux pour en systématiser les effets.

Le troisième constat concerne la réaction des autorités. Sur le terrain, les forces sécuritaires ont immédiatement bouclé le périmètre et pris le contrôle de la situation. Le ministre de l’Intérieur qui se trouvait à l’ARP pour une audition a vite fait de mettre en œuvre tous les moyens disponibles et mis en place une cellule de crise.

Le président de l’ARP a pour sa part lancé un appel pour réactiver le vote de la loi sur les attaques contre les sécuritaires alors que le président de la République, depuis Berlin, est intervenu avec mesure tout en prévenant l’opinion quant à la situation politique délétère qui règne en ce moment.

Enfin, aussi bien Ennahdha que l’UGTT ont été les plus prompts à prendre position, estimant que cet attentat devait être analysé avec le plus grand sérieux.

En effet, s’agit-il de l’acte isolé d’une quelconque cellule dormante ou bien est-ce un prélude à une recrudescence de ce type d’actions, dangereuses car elles peuvent intervenir n’importe où et n’importe quand ? Qui a poussé cette femme à commettre ce geste criminel ? Qui a confectionné la bombe ? Nous ne tarderons pas à le savoir.

Autre chose. Hier, même les réseaux sociaux ont fait preuve de retenue et d’engagement. Ainsi, hormis quelques cyniques et quelques illuminés qui ont salué l’attentat, l’atmosphère était à la responsabilité et aux questions. Globalement, les posts appelant à ne pas céder à la panique ou à se mobiliser pour répondre « non au terrorisme » ont été suivis et amplement partagés.

C’est un signe positif et l’indice d’une prise de conscience générale quant à l’imminence du danger et le devoir de serrer les rangs face à cette menace qui risque de frapper de nouveau.

Répétons-le, hier, nous avons frôlé la catastrophe et devrions collectivement retirer de ce drame les leçons qu’il faut. Enfin, il n’échappera à personne que les terroristes cachés derrière cette femme qu’on a envoyé tuer ont justement choisi une femme pour cette lâche besogne.

En soi, c’est aussi un message qu’il convient d’analyser y compris dans ses implications sur le port de certains accoutrements dans l’espace public.

Une vigilance accrue est de mise.

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