Sousse : Quand un hôtelier séquestre ses clients

Sousse : Quand un hôtelier séquestre ses clients

Par -

Nous avons reçu une lettre de la part de l’Association Tunisienne des Retraités, adressée au directeur de l’hôtel Riviera à Sousse. Dans cette lettre, un groupe de 54 retraités fustige le directeur en question qui les a séquestrés et « malmenés » lors de leur séjour en pension complète dans cet hôtel.

Cette plainte, signée par Taoufik Labassi, président de l’Association Tunisienne des Retraités, décrit des conditions très dures vécues par les plaignants voire de la discrimination envers eux.

« 54 vieilles personnes prises en otage »

Cette mésaventure concerne des adhérents de l’Association Tunisienne des Retraités à Menzel Bourguiba : « Nous avons bénéficié d’une pension complète le mardi 16 octobre 2018, au sein de l’hôtel Riviera à Sousse, et ce par le biais d’une agence soussienne que nous avons payée au préalable rubis sur ongle .

Malheureusement, le matin du mercredi 17 octobre au sortir de l’hôtel, 54 vieilles personnes ont été prises en otage par vos soins sous prétexte que l’agence précitée ne s’est pas acquittée de son dû. Ce que vous avez entrepris, monsieur, est un acte insolent, barbare, voire illégal aux yeux de la loi. Car vous auriez dû vous adresser à la justice au lieu de nous séquestrer comme de vulgaires malfrats.

« Un vrai directeur de pénitencier… »

« Nous étions de vieilles personnes en quête de quelques moments de bonheur en organisant des excursions à travers notre beau pays et nous voilà à la merci d’un vrai directeur de pénitencier… l’agence en question a commis un impair, mais vous auriez du avoir le génie d’être prévoyant pour éviter une telle maladresse impardonnable et agir à l’égard de vos concitoyens d’une manière civilisée.

Tout le personnel de l’hôtel nous a manifesté sa sympathie en essayent d’atténuer notre colère, mais que voulez-vous, les ordres sont formels, car le maître de la citadelle, du haut de sa tour d’ivoire, est intransigeant ».

Acte disciminatoire

Les 54 plaignants accusent ce directeur de les avoir séquestrés mais aussi de s’être comporté d’une manière discriminatoire à leur égard en les isolant des touristes…

« Il est à préciser aussi que vous nous avez empêchés d’entrer au restaurant aux heures des repas indiquées sur les écriteaux en nous astreignant d’attendre la sortie des touristes. Il a fallu attendre la sortie des touristes. Il a fallu attendre jusqu’à 14h pour le déjeuner et 20h pour le dîner, sous prétexte qu’une telle promiscuité est susceptible de nous gêner.

Monsieur, votre acte est discriminatoire vis-à-vis de vos concitoyens qui méritent tous les égards et tout le respect. Croyez-nous, nous sommes profondément traumatisés face à un tel calvaire – vous agissez peut-être en bon comptable croulant sous la paperasserie. Malheureusement, le tact, la doigté, la diplomatie, l’élégance, l’habileté et le génie d’éviter tous les accrocs vous font outrageusement défaut. »

Un directeur aux petits soins

Face à de telles accusations, nous avons contacté l’hôtel Riviera en question pour avoir l’avis et les commentaires du directeur, Mr Adnene Mezghani.

Nous n’avons pu le contacter du fait de son absence, mais une responsable de l’hôtel nous a infirmé tous les propos cités dans cette lettre, indiquant qu’au contraire, ce groupe de retraités est reparti content de son séjour malgré un petit retard au départ.

Elle nous a confirmé que les clients avaient été retardés lors de leur départ parce que la facture n’avait pas été payée par l’agence. Il a fallu attendre l’arrivée d’une représentante de l’agence pour venir régler les formalités de départ, nous confirme-t-elle, signalant, au passage que le directeur a été aux petits soins avec ce groupe de retraités et mis à part ce retard au départ aucun autre accroc n’a été enregistré.

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo