Octobre musical : Mozart, Brahms et les virtuoses bulgares

Octobre musical : Mozart, Brahms et les virtuoses bulgares

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Crédit photo : Hatem Bourial

Si pour Brahms et surtout Mozart, les partitions sont les mêmes pour tous, l’essentiel résidera ensuite dans les interprétations.

Les uns pencheront vers la précision dans la restitution, d’autres musiciens se laisseront porter par l’ardeur ou la ferveur, d’autres encore laisseront parler ce mystère que l’on nomme le génie ou les tripes.

Je sais, dans la culture classique, il est rare que l’on parle de tripes, de « grinta » ou de maillot qu’on mouillerait. C’est toutefois ce qui vient à l’esprit au sortir du récital de Pavel Zlatarov (violon) et Victoria Vassilenko (piano).

Victoria Vassilenko | Crédit photo : Hatem Bourial

Les deux musiciens bulgares ont ainsi fait la preuve que leur réputation n’était nullement usurpée et que leur duo savait faire corps avec la musique.

Car si l’essentielle fidélité aux partitions était bien de mise, elle s’accompagnait d’une volonté de se surpasser rarement vue auparavant.

Les deux musiciens ne faisaient plus qu’un et leurs instruments se fondaient l’un dans l’autre.
Les moments mémorables se succédaient au grand bonheur des mélomanes de l’Acropolium. Et la musique renaissait sans une seule fioriture, comme par le miracle de quatre mains ardentes.
Deux sonates étaient au programme qui seront interprétées avec beaucoup de grâce et une limpidité aérienne.

Mozart retrouvait la sérénité joyeuse d’un Andante ou d’un Allegretto et les trois mouvements d’une sonate peu connue.

Brahms était aussi bien servi grâce aux trois mouvements d’une sonate assez retentissante dont le Vivace et l’Allegro encadraient l’Adagio.

Les deux musiciens ont aussi invité le public à découvrir les grands compositeurs bulgares à travers des interprétations de Dimitar Nenov et Pancho Vladiguerov.

Le piano et le violon étaient souverains pour une soirée où la musique de chambre faisait son retour à l’Acropolium de Carthage.

Organisée avec le concours de l’ambassade de Bulgarie en Tunisie, cette soirée a tenu toutes ses promesses et offert au public de rencontrer deux virtuoses véritables.

Car l’alliance du violon de Pavel Zlatarov et du piano de Victoria Vassilenko allait bien au-delà d’une simple interprétation.

Pavel Zlatarov | Crédit photo : Hatem Bourial

Il s’agissait bel et bien de musique, de tripes et d’une virtuosité innée qui émanait de l’archet du premier violon de la Philharmonie de Sofia et du doigté d’une jeune prodige de 25 ans.

Et pour tout dire, l’ovation méritée était à la mesure du talent indéniable et de l’engagement sincère de deux musiciens que nous n’oublierons pas de sitôt!

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