Tunisie : 97% des mendiants sont des escrocs !

D’après une récente étude effectuée par le ministère des Affaires sociales, de la Femme et de l’Enfance, 97% des mendiants sont des escrocs. Un chiffre à peine croyable qui en dit long sur l’état de santé de notre société et la mentalité de certaines personnes qui profitent de la bonne foi des gens pour se remplir les poches.

Au niveau de chaque feu tricolore, centre commercial, esplanade des mosquées ou distributeur de billets de banque, on peut entendre les lamentations larmoyantes de femmes âgées et d’adolescents boutonneux.

Quel que soit le quartier de la capitale, on a toujours droit aux mêmes tirades « culpabilisatrices », à croire qu’il existe un code déontologique de la mendicité : « Achète moi une bouteille de lait », « donne-nous 20 dinars pour construire une mosquée », « tu n’aurais pas quelques sous pour que je puisse rentrer ? »

Ce genre de phrases est devenu monnaie courante et tout citoyen tunisien les a entendues au moins une fois, surtout depuis la révolution où la mendicité est, véritablement, devenu un secteur porteur.

Apparemment, ce nouveau « métier » attire de plus en plus une jeunesse qui a depuis belle lurette abandonné le circuit traditionnel des études pour se lancer à la quête de l’argent facile. L’époque où l’on associait la mendicité à la pauvreté est, aujourd’hui, révolue.

Désormais, ce business des temps modernes, générant des centaines de millions de dinars par an, séduit toutes les catégories de personnes. Il n’est pas rare que des retraités tendent la main à des clients attablés au restaurant sous prétexte que ces derniers ont de quoi se payer un bon repas.

« 9,6% des mendiants sont des enfants ! »

De vieilles dames en guenilles campent aussi à la sortie des supermarchés demandant aux potentiels acheteurs de leur faire quelques courses. Quelques paroles mielleuses et des prières scabreuses font que les gens cèdent à donner à ces profiteuses insupportables le restant de monnaie.

Sans oublier bien entendu ces gardiens de parking improvisés qui vous taxent du fameux dinar une fois que vous êtes prêt à partir. Une autre forme de mendicité.

Mais le dégoût et l’horreur prennent toute leur ampleur lorsque des femmes louent pour 15 dinars la journée des nourrissons à des parents sans scrupules. Ces mendiantes du troisième âge campent en plein cagnard pendant des heures et des heures avec un bébé dans les bras dans l’espoir de raviver les âmes sensibles et de rentabiliser le coût de l’enfant. Le trafic humain est bel et bien d’actualité en Tunisie.

D’après le sociologue Zouheir Azouzi, « 50% des mendiants sont des professionnels, voire des bandes organisées qui encadrent et forment des petits mendiants aux rouages de cette pratique désastreuse ». Les chiffres du ministère des Affaires sociales de la Femme et de l’Enfance précisent que 9,6% des mendiants sont des enfants !

Dans certains quartiers chics du Grand-Tunis, la mendicité peut rapporter jusqu’à 200 dinars par jour à ceux qui maitrisent les ficelles du métier. Beaucoup d’entre eux dépensent un budget conséquent en frais de taxi pour se déplacer de La Marsa aux quartiers d’Ennasr ou d’El Menzah afin de récolter 3 dinars par-ci ou 10 dinars par-là.

En mai dernier, les forces de l’ordre ont mis la main sur un butin d’un million de dinars que six mendiantes du Kef se partageaient.

Après la corruption et la contrebande, la mendicité devient le nouveau cancer de ce pays.

Mohamed Habib LADJIMI
Tunis-Hebdo du 24/09/2018

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