« L’auteur présumé était tunisien… »

Passeport tunisien | CP : Huffpost

Attentat terroriste à la gare Saint-Charles de Marseille survenu dimanche 1er octobre 2017. Deux jeunes femmes ont été tuées dans une attaque au couteau.

L’auteur présumé de cet attentat a été identifié. Il s’agit d’un tunisien dénommé Ahmed Hannachi natif de la ville de Bizerte, âgé de 29 ans.

Si la peine et le recueillement, la compassion et la douleur sont autant de sentiments largement éprouvés et exprimés de par le monde, ce texte s’adresse à l’internaute tunisien qui se tient la tête entre les mains, à l’idée de partager la nationalité du terroriste présumé.

Depuis que l’horreur s’est emparée de l’actualité internationale, que l’humanité semble redécouvrir la géographie grâce au Safety Check du réseau social Facebook, les Tunisiens ont semble-t-il développé un réflexe pavlovien qui consiste en somme, à croiser les doigts, au moindre attentat qui s’abat sur le monde, pour que l’auteur des faits ne soit pas tunisien et à exprimer leur honte incommensurable si un passeport tunisien est découvert malencontreusement à proximité du corps du terroriste.

Pourtant, inutile de rappeler, qu’un acte terroriste perpétré par un ressortissant tunisien, n’engage que sa responsabilité personnelle, légale et morale et ne macule en rien le pays ni le peuple dont il est issu.

L’abjection des faits ne couvre d’ignominie que l’auteur, sa famille tout au plus mais ne peut en aucun cas atteindre toute une population qui n’est liée de près ni de loin au processus de métamorphose ayant engendré ce monstre.

Jamais n’avons-nous entendu d’autres peuples, se fondre en excuses pour des actes criminels individuels.

Le terrorisme n’a pas de nationalité, pas de religion sinon celle de la haine, pas de visage sinon celui de la mort. La faute à l’idéologie, aux régimes qui financent, nourrissent et font le lit de cette doctrine de la haine. La Tunisie est un pays pacifique, population et Etat compris.

En s’autoflagellant de la sorte, les tunisiens se rendent coupables inconsciemment, de l’amalgame qui mène à leur propre stigmatisation.

La Tunisie n’enfante pas que des monstres, ne produit pas que des criminels. Elle peut être fière de ces enfants qui brillent à l’échelle nationale et internationale, sur les plans sportif, politique, scientifique et s’efforce de collaborer avec les différents Etats concernés par la lutte internationale contre le terrorisme et n’a de ce fait rien à se reprocher vis-à-vis de ce phénomène meurtrier qui la dépasse. Le passeport vert n’a pas à devenir une pièce à conviction.

D’ailleurs, si on passe en revue les quelques années écoulées, on ne peut omettre que la Tunisie est aussi une victime et a été touché en plein cœur par le terrorisme. Le Bardo, Sousse, l’avenue Mohammed V ou encore le Mont Semama peuvent en témoigner.

Qu’un monstre qui a fait couler le sang des innocents, soit blanc ou noir, qu’importe sa religion, ses motivations, le mobile de son crime, son équilibre psychiatrique, son lieu de naissance, son passeport, sa nationalité, les procédés employés, les armes, la haine qu’il véhicule, ce qui importe c’est de le juger personnellement, ainsi que ses complices, que cela ne se reproduise plus, de rétablir la vérité, de traiter les origines du mal.

Toujours est-il, rien ne justifie une punition collective et encore moins une honte nationale, qui fait fi de toute imputabilité, de toute implication, de toute culpabilité.

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