La première start-up africaine et arabe fabriquant ses propres robots est tunisienne !

Anis Sahbani, PDG de la startup « Enova Robotics » | Crédit photo : ENOVA Robotics

Le plus grand rendez-vous mondial d’invention, Salon International des Inventions de Genève, a été marqué cette année par une brillante participation des Tunisiens.

Raouf Medimagh, Anis Sahbani, Sami El Guetari et Wahid Bannour sont tous rentrés avec des médailles d’or pour leurs inventions dans divers domaines.

Dans une interview accordée à Webdo, Anis Sahbani, PDG de la startup « Enova Robotics », un des lauréats, revient sur sa participation au Salon de Genève et sur le secteur de la robotique en Tunisie.

Parlez-nous un peu plus de votre participation au Salon International des Inventions De Genève ?

Tout a commencé lorsqu’on a remporté le Concours National de l’Invention, organisé par l’APII, l’INNORPI et l’ATI en novembre 2016. On a donc ensuite été pris en charge pour participer à la 9ème Foire Internationale des Inventeurs du Moyen Orient qui s’est tenue du 16 au 19 janvier 2017 au Koweït, où on a remporté 8 distinctions.

Ensuite, nous quatre sommes allé en Suisse pour faire partie de ce rendez-vous incontournable et on a fini l’aventure avec quatre médailles d’or, dont l’une avec félicitations du jury, remportée par Raouf Medimagh.

Est-ce que vous pouvez nous donner plus de détails sur les quatre inventions tunisiennes lauréates ?

Comme je vous l’ai déjà dit, M. Raouf Medimagh a remporté une médaille d’or avec félicitations du jury, participant à ce concours au nom de l’Institut National de Recherche et d’Analyse Physico-chimique (INRAP). Il est le porteur de projet d’invention «Composant obtenu à partir des déchets de cuir revalorisé ayant une propriété antimicrobienne ».

La deuxième médaille a été remportée par M. Wahid Bannour, au nom de l’ISET de Mahdia, pour son invention de « Sourie intelligente pour obtenir des signaux physiologiques », dotée d’un capteur de stress.

La troisième médaille d’or a été attribuée à M. Sami Guetari, porteur de projet de Développement d’une nouvelle série de compléments alimentaires riche en Oméga 3 à base d’huile marine. Il a déjà remporté le 1er prix ( catégorie des inventeurs indépendants) au Concours National de l’Invention 2016 en Tunisie et le Grand Prix avec félicitation du Jury au Concours du Koweit.

J’ai remporté la dernière médaille d’or pour mon invention de robot de sécurité, qu’on peut utiliser dans les aéroports ou les centrales industrielles. Ce robot autonome peut faire des patrouilles, détecter les intrus, et lancer des alertes en cas de problèmes. Il s’agit du premier robot dans le monde à usage civile.

Et si vous nous présentiez Enova Robotics ?

Etant universitaire à Paris, je suis rentré en Tunisie en 2014, pour lancer cette start-up, spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de robots. Totalement exportatrice, c’est la première unité en Afrique et dans la région MENA qui fabrique sa propre marque de robots. Nous avons jusque là, quatre robots inscrits sous notre marque, dédiés à différents secteurs et taches : enseignement, sécurité, assistance de personnes âgées à domicile et marketing.

Nous sommes en train de développer un nouveau robot destiné au grand public, en partenariat avec IBM et une autre société tunisienne. Ce robot est mobile, doté d’une caméra thermique, qui détecte différentes problèmes comme par exemple les fuites de gaz, et peut même interagir avec vous.

Comment est-ce que vous voyez le secteur de la robotique en Tunisie ?

A. Sahbani : Aujourd’hui en Tunisie, dans chaque école d’ingénieurs, il y a un club de robotique, ce qui est bien. Sauf que le problème, c’est qu’on n’a pas de formation dédiée à la robotique. Il faut qu’il y ait une volonté, peut être un choix ou une vision politique qui sert à rapprocher le tissue industriel et à faciliter la création et le travail des start-ups.

Donc, vous considérez que ce secteur pourrait contribuer à booster l’économie ?

On peut prendre le Japon qui, depuis 20 ans, a fait de la robotique son cheval de bataille et ça a contribué énormément au développement de l’économie, que dire alors de l’effet que ça pourrait avoir en Tunisie. Il faut encourager et miser sur le secteur innovateur.

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