Retour des terroristes : Le pardon impossible !

djihadistesLa polémique du retour des terroristes au pays et de l’éventuelle « pardon » dont ils pourraient bénéficier a démarré depuis la fin de la semaine écoulée lorsque Samir El Ouafi a reçu dans son émission du dimanche un certain Tarek Maaroufi, un djihadiste « repenti » qui s’est exprimé sur lui-même et sur ses « anciennes » activités.

Cette « sortie » de Tarek Maaroufi sur le petit écran dans une émission très suivie, parait-il, n’a rien de fortuit. Bien au contraire, elle nous semble être particulièrement bien étudiée en fonction du développement et de l’évolution de la situation en Irak ou en Syrie où Daech serait en complète déroute face aux armées syrienne et irakienne.

L’exclusion de milliers de « Daechiens » de ces pays fait planer le risque de les voir débarquer chez eux, dans leurs pays natals. La Tunisie peut émettre des craintes sérieuses quant au retour de ces terroristes dont le nombre dépasserait les cinq mille individus.

Ce retour a de quoi inquiéter la majeure partie de la population dans la mesure où ces terroristes sont connus pour leur extrême violence, leur extrémisme et leur cruauté.

Cette crainte de les voir rentrer au pays devient encore plus angoissante d’autant plus que nos frontières sont loin d’offrir toutes les garanties de sécurité pour pouvoir les intercepter à leur retour au pays.

Nos frontières du sud notamment avec la Libye sont extrêmement poreuses et constituent un point faible que nos forces de sécurité sont obligées de renforcer sérieusement et de se montrer vigilants.

Car et jusque-là, ces terroristes étaient traqués par les autorités compétentes même si les informations relatives à cet aspect de leurs activités sont peu relayées voire rares.

Cependant, les dernières interventions du Président de la République dans les médias n’ont fait qu’amplifier ces craintes. En effet, la plus haute autorité de l’Etat, Béji Caid Essebsi, a déclaré que « les Tunisiens peuvent rentrer chez eux, la constitution leur garantissant de rentrer dans leur pays », avant d’ajouter que « la Tunisie n’a pas assez de prisons pour enfermer tous les djihadistes de retour des zones de conflits. »

Si l’on ne peut contester le droit de tous les Tunisiens de rentrer dans leur pays, on ne peut, en revanche, les ignorer ni leur permettre de bénéficier de l’immunité dont certains semblent vouloir leur accorder.

Si les Islamistes ont toujours exprimé leur vœu de discuter avec ces Salafistes et de les « dompter » spirituellement, rien ne peut garantir qu’ils ne retourneront pas leurs armes contre leur propre peuple et contre l’Etat tunisien.

Certes, le communiqué publié par la Présidence de la République essaie de rétablir une forme de vérité en soulignant que « la Tunisie prendra toutes les dispositions pour neutraliser ces terroristes » avant de rappeler que la loi anti-terroriste du 7 août 2015 prévoit que les terroristes sont automatiquement sanctionnés qu’ils le fassent en Tunisie ou à l’étranger.

Et à ce sujet, le communiqué précise que seul le Procureur de la République près du Tribunal de première instance est seul compétent pour déclencher et exercer l’action publique relative aux infractions terroristes prévues par la loi citée ci-dessus.

Dans tous les cas de figure, aucun compromis n’est possible contre des individus sanguinaires qui n’ont laissé derrière eux que des drames, de la destruction et des morts. Le pardon ne peut être accordé à des individus cruels et barbares dont la vie d’un homme ne vaut rien et n’a aucune signification…

L.L.

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