Tunisie : Recyclage politique

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La scène politique tunisienne connait un formidable émiettement. Mis à part les Islamistes d’Ennahdha qui semblent garder au moins une unité de façade, les autres partis, notamment Nidaa Tounès partent en mille morceaux.

Aujourd’hui, ce parti vit une véritable crise d’identité avec la détermination de ce que ses adeptes ont appelé « une Commission du salut ». Celle-ci a exprimé sa volonté de construire une formation politique qui deviendrait un part institutionnel. Ces membres sont donc partis en guerre contre la mainmise de Hafedh Caid Essebsi sur le parti.

Or, ce dernier ne semble pas vouloir lâcher le morceau et perdre son rôle et l’espoir d’avoir une chance, dans l’avenir, de pouvoir jouer un rôle politique. Bref, il s’agit d’un nœud gordien. Cependant, cette bataille au sein de Nidaa Tounès, et dans le cas où elle aboutirait à un congrès véritablement démocratique, ce serait le vœu de cette commission du salut, pourrait permettre de faire émerger un parti politique nouveau, capable de remodeler la vie politique tunisienne.

Auparavant, ce parti avait déjà payé l’extrême perversité de son évolution puisqu’il fut scindé en deux avec la « fugue » de Mohsen Marzouk et de plusieurs élus. Après quelques mois de consultations et de préparation, ils formèrent une nouvelle formation politique qui fut appelée « Machrou Tounès ».

Cette formation n’évolue pas sans soubresauts puisqu’elle vient de connaitre une crise interne avec une polémique qui a abouti à l’exclusion de membres influents et élus au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Ces derniers accusent Mohsen Marzouk de se comporter comme un « dictateur » et remettent en cause son « pouvoir personnel », des pouvoirs qui lui auraient été attribués par les « instances » du parti.

Mais, cela ne semble guère gêner Mohsen Marzouk puisqu’il s’est tout simplement retourné vers d’anciens « rcdistes » pour « renforcer » ses rangs. Ces derniers ont entamé et donc réussi leur recyclage politique en se donnant une nouvelle chance de revenir sur la scène politique occupant même une place de choix au sein de Machrou Tounès, à son bureau politique comme les Sadok Chaabane, Slim Tlatli, Riadh Saada, alors que d’autres l’ont rallié en attendant d’autres avancées. Ces personnes sont connues comme ayant figuré parmi les personnalités du Rassemblement Constitutionnel Démocratique…

Outre ces personnalités « rcdistes », d’autres personnalités politiques tentent de se rappeler au bon souvenir des Tunisiens et essaient un « come-back » politique. Parmi les plus en vue de ces personnalités, on retrouve Ahmed Néjib Chebbi. Après son échec historique aux législatives puis aux Présidentielles, il annonça son retrait de son parti et de la vie politique. Ce fut fait mais le virus et son implacable ambition de vouloir rejouer un rôle politique dans le pays l’ont repris.

Son nom fut d’abord cité parmi les possibles candidats à la succession d’Habib Essid. Et aujourd’hui, il se recycle avec un nouveau projet politique. Son retour sur la scène médiatique avec des apparitions sur les plateaux lui a permis de présenter ses idées pour la gouvernance du pays.

Ces recyclages sont-ils des tentatives désespérées de revenir sur la scène politique ou bien ces personnalités gagneront-elles leur pari en comptant sur l’amnésie populaire…

L.L.

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