Cyniquement vôtre !

Dr house

Tunis Hebdo | Le tarissement du pouvoir d’achat du Tunisien continue de plus belle et malin celui qui prévoit son rétablissement ou du moins son retour vers des propensions moins cyniques et immorales.

Car c’est le cas de le dire : la vie est devenue insolemment cynique. Tellement cynique qu’elle a de l’immoral à revendre. En effet, dans cette vie tout devient cher, extrêmement cher.

Les tomates sont chères, les patates sont chères, les oignons sont chers, le concombre est cher, les carottes sont chères. Ces dernières, plus elles s’étalent en longueur plus vous savourez leur cherté. Rien que de les voir exposées sur les étals, je mesure la douleur du citoyen à l’idée de préparer… une salade niçoise.

Question vacances, la vie vous gave de cynisme. Elle est copieusement cynique qu’une fois allongé sur le sable fin vous avez l’impression d’être traîné dans la boue. Si les vacances m’étaient contées, je prendrai un plaisir cynique à contempler la neige durant les quatre saisons.

Au moins le froid, ça ne coûte pas trop cher. Le fuel, le gasoil et le gaz sont des produits subventionnés. Par contre, la chaleur ça coûte énormément. Un simple séjour dans un hôtel, vous pousse à donner des noms aux étoiles.

Une étoile pour la cherté, une étoile pour la saleté, une étoile pour le mauvais accueil, une étoile pour la nonchalance du personnel, une étoile pour les coupures inopinées d’eau, une étoile pour toutes les bactéries que contient la piscine, et enfin une étoile pour la mademoiselle qui vous dit cyniquement « au plaisir de vous accueillir l’année prochaine chez nous ».

Ce qui est encore plus immoral dans cette histoire de vacances, c’est que même si vous n’avez pas les moyens de les payer rubis sur ongles, la vie,en partenariat avec votre banque, vous donne l’occasion de les régler par échéance.

Cyniquement, la vie vous droit à entretenir la précarité pendant les quatre saisons de l’année. Vous profitez d’un séjour étoilé pendant une semaine, vous restez engouffrés dans la boue pendant les 47 autres semaines de l’année.

Et si par malheur, la vie, toujours en partenariat avec votre banque, vous pousse une peu plus dans le cynisme et vous accorde un prêt pour l’achat d’une voiture pour que vous puissiez joindre votre hôtel étoilé en toute quiétude, là vous serez confronté à un autre problème.

Comme vous êtes cyniquement (mal) chanceux, le jour où vous vous apprêtez à partir en vacances, les chauffeurs des hydrocarbures observent une grève, et vous souhaitent cyniquement… bonne route.

Chahir CHAKROUN

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