Champ de ruines

Le crabe ne pince pas pour vivre, mais il vit pour pincer !
Le crabe ne pince pas pour vivre, mais il vit pour pincer !

La période que nous vivons est une mer d’incertitudes et un tissu de contradictions. Et nos deux sages qui détiennent tous les pouvoirs continuent à considérer les citoyens comme d’éternels mineurs, incapables de distinguer le bon grain de l’ivraie ! On ne réussira pas une politique concoctée entre leaders de partis sans avoir gagné auparavant la confiance des seuls alliés durables et crédibles que sont les citoyens.

Or, la génération née dans le chômage et qui aspirait à des vraies avancées sociales au lendemain de la révolution, n’a pas encore constaté de réels investissements dans l’éducation, dans la formation professionnelle, dans la culture, ni dans la justice tout court, seule garante de la dignité !

Au lieu de cela, une dictature de nouveaux riches s’est installée sans bruit, et les citoyens ont l’impression qu’on leur propose un deal, sous le costume de la réconciliation, qui consiste à offrir l’immunité aux nouveaux comme aux anciens sans même leur dire la vérité sur ce qui s’est réellement passé ; en somme on leur propose de construire une nouvelle république sur une zone marécageuse !

Commençons par comprendre le mal être des Tunisiens, la fragilité psychologique de nos jeunes, ensuite présentons leurs l’état des lieux, disons leurs toute la vérité sur les fauteurs anciens et nouveaux, et seulement après nous pourrions leur proposer d’opter pour une réconciliation nationale, et nous pourrions leurs proposer un objectif et un rêve collectifs !

La vitalité de la démocratie est dans les débats, dans les critiques, dans les conflits d’idées, et non dans l’opacité et les arrangements entre chefs de clans ! On veut nous vendre, avec l’aide de sondeurs qui excellent en présentations avec Powerpoint, la partie émergée de l’iceberg !

On ne pourra jamais passer par pertes et profits la dignité des honnêtes citoyens, ni la sinistre parenthèse de larmes et de sang de la période de la Troika. Pour nos gouvernants, rien n’est grave, rien n’est dramatique, les jeunes sont encore jeunes, il n’y a jamais eu de snipers, il n’y aura pas de justice pour les familles des assassinés, des lynchés et des terrorisés…

Non, on ne chassera pas de l’esprit de la génération actuelle les scènes fulminantes de violence et de sauvagerie lors du lynchage de feu Lotfi Nakdh, lors des assassinats des Feu Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, lors des massacres perpétrés chez nos soldats et chez nos touristes par des barbares qui étaient soutenus par des responsables qui les décrivaient comme des brûleurs de cholestérol, on ne chassera pas de l’esprit que ceux là mêmes qui défendaient ces terroristes aient été nommés à des postes de responsabilité dans des chancelleries.

On ne pourra pas endiguer les fléaux de la pauvreté et des inégalités sociales en omettant d’expliquer ce qui s’est réellement passé et en omettant de désigner les coupables ! La réalité fera craquer le vernis des apparences que veulent nous vendre certains prestidigitateurs de la politique.

Cela fait-il partie du savoir faire diplomatique que de se prosterner devant ceux qui ont armé financièrement et intellectuellement les milliers de Djihadistes qui polluent notre vie et qui continueront à la polluer pour encore un bail ? Est-il réaliste de chercher à nouer un partenariat avec celui qui a mis le feu dans notre demeure ?

La mission herculéenne qui nous attend ne réussira pas avec l’opacité qui enveloppe les transactions qui se font dans le contexte délétère que personne n’a encore voulu purifier.

Honte à celui qui use et abuse du mensonge pour arriver à ses fins, honte à celui qui fait sans cesse des girouettes pour servir ses intérêts propres au détriment de ceux de sa patrie, mais honte aussi à celui qui sait tout cela, qui peut agir et qui ne fait rien !!!

Zouhair Ben Jemaa

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