La société pétrolière Petrofac plie bagages et s’apprête à quitter définitivement la Tunisie

Sit-In blocage Petrofac 2Les blocages répétés de la société pétrolière Petrofac ont finalement eu raison de la société britannique, qui se trouve désormais dans l’incapacité d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses clients. Elle se prépare ainsi à quitter définitivement la Tunisie après des mois de blocage.

C’est devenu inévitable, apprend-on de sources proches de la société. Aujourd’hui, mercredi 20 avril, la décision aurait été prise par les Britanniques, qui possèdent 45% du capital… Une décision qui n’est toutefois pas encore officielle.

Hezb Ettahrir et le Front Populaire pointés du doigt

Rappelons que depuis une semaine, c’est l’armée nationale qui se charge désormais de la sécurisation de Kerkennah après les violents affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre alors que les protestataires bloquaient le passage de camions de la société Petrofac.

L’enquête gouvernementale a révélé que des membres du parti Hezb Ettahrir et du Front Populaire seraient derrière ces troubles. C’est du moins ce qu’a déclaré Habib Essid le 16 avril dernier

160.000 dollars par jour perdus par l’Etat tunisien

Et malgré les bons offices de certaines parties, le départ de Petrofac serait quasiment inévitable. La société mère de Petrofac a d’ailleurs interrompu ses investissements prévus en Tunisie depuis le mois de février 2016 et avait même déjà annoncé son intention de quitter définitivement la Tunisie.

Selon Petrofac rien n’a été fait même après la venue de Londres du plus haut responsable anglais de la société pour tenter de trouver une solution à ce sujet.

Pendant ce temps, les blocages ont coûté cher à l’Etat tunisien dans la mesure où l’arrêt de l’activité de Petrofac lui coûte 200.000 dollars par jour dont 160.000 auraient dû revenir à la Tunisie (actionnaire à raison de 55% dans la concession d’exploitation des champs Chergui à travers l’ETAP) et qui bénéficie en plus des revenus des impôts sur les ventes.

L’Etat devra trouver une solution

Outre bien sûr les pertes dues au recours à l’importation de gaz de l’Algérie pour remplacer celui qui devait être produit par Petrofac pour l’alimentation de la centrale de la STEG.

Petrofac a dénoncé d’un autre côté la passivité des autorités qui n’arrivent pas à réagir pour mettre un terme au sit-in « sauvage » des protestataires. Des protestataires qui ont toujours été déterminés dans leur sit-in et qui revendiquent d’être recrutés.

Ces blocages répétés ont donc mis Petrofac à genoux et dans l’incapacité d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses clients sachant qu’il s’agit notamment de la STEG.

D’après le PDG de Petrofac, Imed Derouich, la société fournit 12% des besoins de la Tunisie en gaz. Et sans Petrofac, l’Etat tunisien serait dans l’obligation d’importer ces 12% depuis l’Algérie et en devises, de surcroît.

M.C.

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