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Tunisie | HRW : Sofien Dridi et Kaïs Berrhouma morts sous la torture, dans l’indifférence

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tortureEn Tunisie, on torture impunément, encore et toujours. Sofien Dridi et Kaïs Berrhouma sont morts de façon atroce, avec la complicité de juges et de procureurs qui ferment les yeux sur tous les dépassements.

Sofien Dridi avait été arrêté le 11 septembre 2015 lors d’un contrôle de passeport à l’aéroport de Tunis-Carthage. Il y avait un mandat de recherche à son encontre pour une bagarre datant de 2011.

Ce n’est qu’une semaine plus tard que sa famille l’a retrouvé à la morgue de l’hôpital Charles Nicole. Ni les autorités de la prison, ni la police n’avaient informé la famille de sa mort.

Il avait passé quatre jours en détention à Bouchoucha avant d’être inculpé, le 15 septembre, par le juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis.

Ce même jour, le procureur général adjoint examine Sofien et déclare dans son rapport qu’il n’y aucun signe de mauvais traitements ou de torture. Sofien est alors été transféré à la prison de Mornaguia.

Le 18 septembre, à 4h du matin, des policiers se rendent au domicile des parents de Sofien pour les prévenir que ce dernier était « très malade » et qu’il avait été transféré à l’hôpital Charles Nicole.

Sa famille se rend à l’hôpital puis au palais de justice mais il n’y a aucune trace du «malade». A 13h, un cousin les informe qu’en fait, Sofien se trouve à la morgue.

Rebh Merdassi, la mère de Sofien a déclaré à Human Rights Watch que quand elle avait été voir son fils à la morgue, l’odeur était insupportable. Cela ne pouvait pas être l’odeur de quelqu’un qui venait de mourir.

Et quand elle a regardé son fils, elle a été bouleversée de voir d’énormes contusions et les bleus sur son visage et sur son corps. Il y avait aussi du sang coagulé près de ses oreilles. Selon le certificat de décès, Sofien est décédé le 17 Septembre.

Ridha Zaghdoudi, porte-parole de la prison de Mornaguia, avait déclaré lors d’une interview télévisée que Sofien souffrait de diabète et qu’il était mort d’une crise cardiaque.

Kaïs Berrhouma, avait, lui, été arrêté par la brigade anti-drogue de la Garde nationale le 5 Octobre, dans son quartier à El Ouardia.

Selon des témoins présents lors de son arrestation, les agents de la brigade avaient menotté Kaïs et le frappaient. Ils l’ont ensuite soulevé et projeté violemment à terre. Sa tête a heurté le sol. Kaïs a alors arrêté de bouger. Les policiers l’ont mis dans la voiture et sont partis.

Le lendemain, sa famille a appris par un parent que son corps était à l’hôpital Charles Nicole. Là aussi, les autorités ont « oublié » de prévenir la famille. Les autorités n’ont fait aucune déclaration sur la mort de Kaïs Berrhouma.

Les familles ont fourni des photographies à HRW où on voit clairement des marques de violence et des ecchymoses sur le visage et le corps. Les autorités tunisiennes devraient mener une enquête approfondie et impartiale sur ces décès, a déclaré Human Rights Watch.

Ce qui n’aura certainement pas lieu. Comme Radhia Nasraoui, présidente de l’organisation contre la torture le déclarait, hier 24 octobre, les procureurs et les juges ne font pas grand cas de ces plaintes et il n’y a jamais de sanction contre les bourreaux.

S.B

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