Oui, nous allons faire la grève ! Quant à vous, cessez de nous effarer !

tunisie écoleTribune | Par Boutheina S. / Enseignante

Les tensions sont de plus en plus vives entre le syndicat général de l’enseignement primaire et le ministère de l’éducation. Ils ne parlent toujours pas la même langue.

Le chef du gouvernement, quant à lui, utilise les mots « grève illégale » et « Haibet Addwla » à tout bout de phrase et menace d’effectuer un prélèvement des jours de grève sur les salaires des grévistes, un acte qui confirme qu’on est encore loin du respect des droits des travailleurs.

En Tunisie, faire une grève a toujours coûté trop cher aux salariés. On parle de plus en plus de déserteurs qui accablent l’Etat de lourdes pertes. On estime, selon « Sigma Conseil » que l’arrêt du travail des instituteurs fait perdre à l’Etat plusieurs millions de dinars en une journée. Le patron de la boite, Hassen Zargoumi, l’homme qui sait tout, ne va pas tarder à prédire une baisse de taux de réussite due à la grève « sauvage » des enseignants.

[pull_quote_center]On conteste violemment les méthodes et les décisions des enseignants, « c’est absurde » disait-on…[/pull_quote_center]

En revanche, personne ne s’est indigné des voyages officieux des membres du gouvernement, des séjours passés aux frais de la princesse qui coûtent les yeux de la tête au peuple.

Personne n’a révélé les festivités organisées en l’honneur des invités de l’Etat lors desquels on dépense à flots pour les beaux yeux de ces grands maîtres.

Personne n’a commenté les salaires gonflés attribués aux parlementaires, les élus du peuple dont le taux d’absentéisme varie d’un mois à l’autre selon Al Bawsala et crève les yeux.

[pull_quote_center]Il est très difficile de dialoguer dans ce pays (qui finira par ne plus être le nôtre) car l’on se sert de deux poids et deux mesures pour juger.[/pull_quote_center]

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