Le centre de prévention contre la toxicomanie à Sfax attend 90.000 dinars promis par le gouvernement

Photo : Flickr.com/photos/alain_boucheret
Photo : Flickr.com/photos/alain_boucheret

Le centre de prévention contre la toxicomanie de Sfax, au sud de la Tunisie, pourrait disparaître d’après son président, Abdelmajid Zahaf. Créé en 1995 sous la tutelle de l’association tunisienne de prévention contre la toxicomanie, il aide 2000 à 3000 personnes par an à se soigner de leur addiction à la drogue aujourd’hui.

Abdelmajid Zahaf pousse un cri d’alarme.

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Il fonctionne encore, nous arrivons à tenir. Mais nous avons de plus en plus de mal à payer.

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Un budget annuel de 200.000 dinars

Le centre emploie quarante personnes qualifiées et est doté de 70 lits. En plus du centre d’hospitalisation, l’association gère également deux centres de prévention, à Sfax et à Tunis, pour les consultations passagères, le suivi des malades et le soutien psychologique. Elle nécessite au total un budget de fonctionnement minimum de 200.000 dinars par an.

Assurée au départ à 100% par le Fonds mondial pour la lutte contre le Sida, la Malaria et la Tuberculose, l’aide financière accordée n’est plus que de 35% pour finalement disparaître en février prochain. Un dossier de demande de reconduction pour deux ans a été soumis à l’organisation, sans réponse.

Pour compenser ce manque d’argent, le centre doit faire payer aux patients de 300 à 500 dinars par mois depuis deux ans. Ce qui va « contre le principe même de l’association », s’attriste le président.

Promesse d’une aide non tenue du gouvernement tunisien…

La baisse ayant été annoncée en amont, l’association avait fait appel au gouvernement en 2012, qui lui a promis une aide de 90.000 dinars chaque année. Octroyé en 2012, cet argent n’a pas été reçu de nouveau les années suivantes.

« Nous avons relancé le gouvernement plusieurs fois. Il y a eu plusieurs réunions. Ils nous ont promis que cela va venir », précise Abdelmajid Zahaf.

Contacté ce matin, à 10h30, le directeur général de la santé, Nabil Ben Salah n’a pas souhaité répondre à nos questions, occupé à l’enterrement d’une personne de sa famille. Personne d’autre n’a pu être joint.

Le centre risque de fermer bientôt

La fermeture du centre serait dramatique pour les toxicomanes. « C’est le seul centre qui répond aux besoins de la population », assure Abdelmajid Zahaf.

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Nous accueillons des personnes dans une détresse totale. Ils ont besoin d’être pris en charge, et risquent de se retrouver dans la rue, voire de se suicider.

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Depuis la fermeture du centre de désintoxication à Jebel El Ouest en 2011, il est le seul centre à proposer d’accompagner les toxicomanes en Tunisie et reçoit même des patients libyens et algériens. De plus, « la demande a augmenté de façon extraordinaire. Nous avons une liste d’attente de 500 personnes », alerte Abdelmajid Zahaf. Il espère encore un sursaut du gouvernement voire d’organisations internationales.

Appel au gouvernement tunisien

Trois propositions sont faites au gouvernement depuis deux ans, afin d’assurer le bon fonctionnement du centre et l’amélioration de la prise en charge des toxicomanes :

  1. Demande au ministère de la Santé de considérer les personnes toxicomanes comme des malades afin qu’ils bénéficient de la même prise en charge qu’à l’hôpital.
  2. Demande au ministère de l’Intérieur de confier les toxicomanes pendant un mois au centre plutôt que les mettre un an en prison.
  3. Demande à tous les ministères de donner 20.000 dinars par an pour subvenir aux 200.000 dinars nécessaires.

Caroline MALCZUK

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