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Le ministère de l’Intérieur publie une vidéo des tueurs de Mohamed Ali Chaarabi

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Le ministère de l’Intérieur vient de publier en fin de journée, ce mardi 6 janvier, sur sa page Facebook officielle, un montage vidéo dans lequel les accusés de l’assassinat du policier Mohamed Ali Chaarabi, égorgé dans la nuit du samedi 3 janvier 2015 dans la délégation d’El Fahs à Zaghouan, avouent leur propre crime.

Parmi les neuf qui ont été arrêtés, seulement trois sont exposés dans la vidéo du ministère :

  • Houssem Ben Zid, âgé de 20 ans,
  • Mohamed Ben Zid, âgé de 24 ans,
  • Mohamed Amine Ben Zid, âge de 24 ans, tous de la délégation d’El Fahs.

Intitulée « les membres terroristes qui ont exécuté l’assassinat du martyr Mohamed Ali Chaarabi à El Fahs« , la vidéo est présentée par le porte-parole du ministère de l’Intérieur Mohamed Ali Aroui.

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Le porte-parole du ministère de l’Intérieur : « Les Tunisiens vont les haïr »

« Le ministère de l’Intérieur veut vous montrer des images, notamment de ce que nous avons saisi, et des enregistrements des éléments terroristes qui ont exécuté l’opération de l’assassinat du martyr Mohamed Ali Chaarabi […]. Nous voulons montrer à quel point ces éléments sont horribles et démontrer la bassesse de leur morale et leur degré de sauvagerie. Ils voulaient faire passer un message aux Tunisiens et aux forces de l’ordre intérieures pour faire peur aux Tunisiens, mais notre réponse a été plus forte« .

M. Aroui affirme qu' »en seize heures, tous les membres ont été arrêtés« . « Ces gens-là n’ont aucune place en Tunisie, les Tunisiens vont les rejeter et le peuple va les rejeter encore plus quand il regardera les images, et les Tunisiens vont les haïr« , a-t-il ajouté.

« Le prophète (SAAS) a dit d’eux qu’ils étaient  »les pires des créatures et de l’apparence », vous allez voir que leurs visages sont laids et vous allez voir à quel point leur morale est mauvaise« , poursuit le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Par ailleurs, selon la loi en Tunisie, une fois une information judiciaire est ouverte, tout élément de preuve ou interrogatoire telle que celle publiée par le ministère de l’Intérieur relève du secret de l’instruction.

La transcription des « aveux » des trois suspects

Dans la vidéo, le premier suspect, Houssem Ben Zid, se présente en donnant son nom et sa date de naissance – « Houssem… Ben Zid, 16/03/1994 » -, et raconte : « Cela fait quinze jours que nous planifions l’opération d’assassinat d’agents de forces de l’ordre. Nous sommes allés… »

Avec qui ?, l’interrompt alors rudement un homme derrière la caméra.

Moi, avec Mohamed [Ben Zid] et Mohamed Amine [Ben Zid], poursuit l’accusé. Nous avons fait la prière de Ichaa [du soir] et nous sommes allés au rond-point d’El Fahs. Nous n’avons trouvé personne, nous avons trouvé un groupe qui se saoulait, nous sommes rentrés. Mohamed [Ali Charaâbi] , un agent de la Garde nationale, est passé sur son vélo.

Vous connaissiez Mohamed ?

Nous le connaissions, nous l’avons frappé avec un hachoir sur sa tête. [Coupure dans la vidéo]

Et ?

Déjà nous le frappions avec un hachoir, il s’est défendu avec ses mains. Je ne sais pas qui lui a coupé les doigts. Mais quand nous l’avons frappé, il a mis comme ça [Houssem Ben Zid mime la position avec ses mains] ses mains sur son visage, et ses doigts ont volé.

Le deuxième suspect est ensuite interrogé : Mohamed Ben Zid, né le 15/05/1990. « Raconte l’histoire« , lui ordonne l’homme derrière la caméra. « Nous sommes allés au rond-point…« , commence-t-il. « Non, depuis quand vous pensez à ça ? » l’interrompt l’homme.

Depuis cinq, quatre mois.

À quoi pensiez-vous ?

À quelque chose comme ça.

Quoi, comme ça ?

La caméra coupe de nouveau et Mohamed répète :

Il y a quatre ou cinq mois, nous programmions de tuer un policier ou un soldat ou un agent de la Garde nationale.

Avec qui ?

Nous trois… Mohamed et Houssem… La nuit d’avant, nous étions assis, dans la soirée, nous avons programmés d’aller la nuit d’après… d’aller au rond-point. [Coupure au montage de nouveau] Nous avons attendu et il n’y a eu personne. Nous étions sur le point de rentrer quand il nous a rattrapés, et il portait son uniforme. Il s’est approché de nous et nous lui avons dit :  »Éloigne-toi avec ton vélo », et nous l’avons frappé.

Qui ?

Nous tous.

Qui tous ?

Tous.

Donc toi, tu as utilisé quoi ?

Mohamed Ben Zid montre alors un hachoir : « Un hachoir« . « Remonte-la« , lui demande l’homme, pour que la caméra puisse filmer l’arme, encore ensanglantée.

 « T’as fait quoi avec ça ? », poursuit l’homme. Deux hommes se mettent alors de chaque côté de Mohamed Ben Zid.

Je l’ai frappé avec. Je ne sais pas à quel endroit je l’ai frappé, parce qu’il faisait sombre, et après on l’a égorgé.

Qui a effectué l’opération… d’égorger ?

Nous y avons participé, les trois. Celui qui a égorgé est un seul.

Qui ?

Houssem.

Après vous avez fait quoi ?

Nous sommes partis.

Vous l’avez jeté… Et après ?

Nous sommes partis…

Où est-ce que vous vous êtes cachés ?

Nous sommes rentrés à la montagne. Nous sommes rentrés à la maison après. C’est tout. Le lendemain on a été arrêtés.

Après une nouvelle coupure au montage, c’est au tour du troisième suspect, Mohamed Amine Ben Zid, né le 04/09/1990, d’être filmé.

Depuis des jours, nous avons pensé à aller au rond-point, à trouver n’importe quel agent là-bas et à le tuer.

Qui ?

Moi, Mohamed et Houssem. Nous avons fait la prière du Ichaa, et nous nous sommes dit : « on revient ». On est revenus. [Coupure au montage] Voilà. Houssem a pris le couteau, et Mohamed a dit :  »Je rentre, je ramène les couteaux et je reviens ».  J’ai dit à Mohamed que je n’en avait pas, je lui ai dit : « Ramène-moi ça avec toi ». Nous sommes revenus chacun avec un couteau et nous sommes descendus au rond-point. Nous sommes restés et nous n’avons rien trouvé. Il y avait un groupe qui se saoulait. Au rond-point, il n’y avait rien. Et après, on était sur le point de rentrer, et il nous a rattrapé avec sa bicyclette.

Qui ?
Celui-là, le  »marhoum » [personne décédée à qui l’on souhaite la miséricorde].

Comment il s’appelle ?

Mohamed Ali.

Tu le connais ?

Oui, je le connais, il a étudié avec nous. [Coupure au montage. Mohamed Amine regarde quelque chose] Celle-là, elle ne coupe pas.

– T’as utilisé quoi, toi ?, demande l’homme derrière la caméra en criant presque. (Un autre couteau, déformé) celui-là.

Ça égorge pas ça, poursuit Mohamed Amine. Au début, c’était pas moi, c’est Mohamed qui l’a fait. Ensuite il s’est enfui, nous nous sommes enfuis. On s’est dit :  »On se cache ». On s’est dit :  »On cache le téléphone ». Nous avons marché un peu, Houssem a jeté le couteau dans l’oued. On s’est dit :  »On passe par la montagne et on rentre ». Nous sommes montés à la montagne, en haut, et on a caché les couteaux. Les deux. Et nous sommes rentrés. C’est tout, c’est toute l’histoire.

Et après ?

Le lendemain ? Le lendemain je suis allé à rahba. Vers 3h30 du matin, normal. Et après je suis rentré, fatigué. Bien sûr je me suis endormi. Le soir, ils sont venus me prendre. [Coupure au montage, la caméra montre les trois couteaux ensanglantés, un téléphone et quelque chose similaire à une bombe à gaz. ]

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