Version tunisienne de la pièce de théâtre Caligula : Interview avec le...

Version tunisienne de la pièce de théâtre Caligula : Interview avec le metteur en scène

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Théâtre à Tunis|

Sacré Camus ! Caligula, le troisième Empereur romain, un exterminateur, un destructeur,  un tyran, l’homme qui veut posséder l’impossible, cet homme tente involontairement de “posséder la lune” et  “vaincre la mort”, auquel il  été désoeuvré  après  la disparition de sa soeur et amante,  il devint fou.

Pièce de théâtre Caligula, version tunisienne.  Crédit photo : Kimoz'art
Pièce de théâtre Caligula, version tunisienne.
Crédit photo : Kimoz’art

Voilà un peu le récit d’un empereur qui se perd dans sa folie, récit de l’écrivain et philosophe Albert Camus qui a voulu présenter Caligula dans une vision totalement absurde et tragique, en mettant en scène un personnage frustré, qui se déchaîne sur tout le monde, qui tue « sans raison » et sur un coup de tête.

Et c’est dans une version tunisienne,  en langue française, que la pièce a été jouée au théâtre privé à Tunis, “el Teatro”,  les 25, 26 et 27 septembre, et adaptée par le metteur en scène Jean Luc Garcia, que nous avons rencontré à la fin du spectacle pour une interview.   En voici l’ intégralité et en exclusivité.

 Interview par Nadia DEJOUI

Nadia : Comment  identifiez-vous la pièce ?

J.L.G : La pièce Caligula c’est une pièce d’abord assez difficile d’accès, puisque c’est une pièce philosophique, qui pose la question de l’existentialisme, c’est une question de savoir comment se situe l’Homme face à l’angoisse de mourir. Et Caligula c’est plus un dictateur qui cherche à vaincre la mort qu’un dictateur qui cherche vraiment à s’enrichir ou à gagner de l’argent avec son pouvoir, c’est ça ce qui est intéressant. Finalement, c’est pour cela, j’ai dit au départ que Caligula, c’est un peu chacun d’entre nous, il croit que  son pouvoir va lui permettre à un moment donné de  trouver cet absolu impossible qui est vraiment de vaincre la mort.

Nadia : Comment avez- vous voulu l’interpréter ?

J.L.G : La pièce Caligula, c’est comme ça que je l’ai interprétée, est, comment chercher à la traduire, la pièce Caligula c’est une pièce qui montre les limites du pouvoir humain. Nous avons beau être un dictateur, vous avez une impression de toute puissance et c’est ce qu’on montre à un moment donné, il est sûr de lui, et vous ne pourrez jamais vaincre la mort, vous ne pourrez jamais aller au-delà de la condition humaine.

Nadia : Y a-t-il une certaine analogie (en se référant à la dictature) avec ce qui se passe en Tunisie ?

J.L.G : Moi j’hésite beaucoup dans cette analogie. En revanche, il y a beaucoup de choses intéressantes à ce niveau là, notamment le fait que finalement la pièce pose le problème de la responsabilité, qu’on fait face à çà … Comme toutes les pièces existentialistes, l’homme est responsable de ses actes. C’est ça ce qui m’intéresse, que j’ai en filigrane, mais de manière assez éloignée, qu’on a essayé de dire aussi. Et si le public a été  jusque là dans la réception de l’oeuvre, alors c’est parfait.

Nadia : C’était complet durant trois soirées, la pièce Caligula sera-telle jouée encore ?

J.L.G : Il y a eu trois fois complet, ça sera peut être joué, mais moi ça ne m’appartient pas, c’est une pièce qui appartient à “el Teatro”. Moi,  je suis un metteur en scène, j’ai monté ce spectacle  dans le cas d’une convention avec l’IFT (l’Institut français de Tunisie), le lycée Mendès France et “el Teatro”, c’est une convention qui arrive chaque année. Et ensuite, une fois que le spectacle est monté, ça appartient à el Teatro. Je sais aussi que Mad’art Carthage a demandé à jouer la pièce, c’est assez incroyable.

Caligula c’est une pièce qui a compté dans l’histoire du théâtre tunisien. Et du coup, ça crée un appel d’air et tout le monde vient voir  “Caligula”, on est complet depuis trois soirs et ça vraiment, j’en suis très heureux. Et on a des coups  de  téléphone des gens qui sont venus, des gens du théâtre et ça j’ai beaucoup apprécié, qui ont vu  la pièce, et qui veulent absolument  qu’on joue la pièce dans leur théâtre et ça c’est super.

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