Carthage, objet de toutes les convoitises !

Les prochaines élections, dont on parle beaucoup et sur lesquelles on insiste sur leur tenue au plus tard à la fin de cette année 2014 comme le prévoit la nouvelle Constitution, conditionnent l’ensemble de la vie politique tunisienne.

Palais Carthage

Ainsi les remous commencent à secouer les différents partis politiques impliqués comme les alliances qui se font et se défont dans les coulisses et dans les arcanes de leurs sièges et loin de tous les regards curieux. Partant de ce constat, et relativement aux élections présidentielles, auxquelles nous nous intéresserons dans ce qui suit, il est certain que les partis politiques influents peuvent jouer leur propre carte à l’instar d’Ennahdha ou de Nidaa Tounès qui pourraient, chacun de son côté, proposer leur candidat ; ou bien ceux qui semblent vouloir faire cavalier seul, alors qu’ils savent à l’avance qu’ils ne possèdent aucune chance, sinon très mince, de pouvoir remporter ces échéances à l’instar du Front Populaire.

En revanche, les autres partis, beaucoup moins influents et qui ont laissé des plumes depuis les élections du 23 octobre 2011 et même avant, défendent l’idée qu’ils disposent en leur sein de dirigeants ayant une dimension nationale. Ceux-ci font, et feront tout, pour obtenir l’aval, voire le soutien agissant et surtout les voix de l’un des deux grands partis dans le cas où ces derniers renoncent à présenter leur propre candidat.
Reprenons les cas de ces partis pour essayer de déchiffrer leurs démarches respectives dans cette course lancée à Carthage.

Commençons d’abord par les Islamistes d’Ennahdha. Ils sont au-devant de trois scénarii possibles. D’abord, opter pour un candidat choisi en leur sein. Pour ce poste, les candidats ne manquent pas avec comme favori l’ancien chef du Gouvernement Ali Laarayedh qui s’est lancé depuis deux semaines dans sa campagne en multipliant les meetings des partisans pour tenter d’obtenir une dimension nationale et mettre même ses amis nahdhaouis devant le fait accompli.

Le second choix des Islamistes serait tout simplement Hamadi Jebali. Celui-ci a, certes, donné sa « démission », pas encore entérinée par l’assemblée de la Choura du parti, mais il reste, néanmoins, un Islamiste bien marqué. De ce fait, il ne pourrait jamais prétendre au statut d’indépendant comme il le souhaiterait. Son image, son passé et, probablement, son avenir ne pourraient pas échapper à cela !

Enfin, Ennahdha pourrait être tenté, si jamais ses dirigeants optent pour cette solution, de renouveler l’expérience d’un président choisi dans le « camp démocratique ». Cela pourrait convenir à l’image que les Islamistes tunisiens voudraient donner à l’étranger ! Pour ce poste, les candidats d’un rapprochement avec Ennahdha ne manquent pas. Il y a, en premier lieu, les alliés de la Troïka, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar.

Le premier, tout en leur étant fidèle, n’a pas manqué, aussi, de les irriter en certaines occasions. Renouveler avec lui l’expérience paraît plutôt mince, malgré le rôle d’un parfait appendice joué par le Congrès Pour la République. Le second semble mieux correspondre à l’image de « bon père de famille » que semble privilégier, aujourd’hui, la direction islamiste pour « rassurer » les Tunisiens. Enfin, le troisième « larron » ne serait autre que Néjib Chebbi, dont l’ambition première, et dernière, demeure l’accès à Carthage. C’est dire que l’homme et son parti sont prêts à tout, ou presque, pour atteindre cet objectif. C’est possible, si on connaît les liens qui les unissent à Ennahdha. La récente défection des élus du parti Chebbi du bloc démocratique nous fait penser à un premier pas franchi en direction des Islamistes !

Dans le camp de Nidaa Tounès, le candidat désigné est incontestablement Béji Caid Essebsi dont le charisme et la bonne image qu’il véhicule auprès de l’opinion publique en font le favori logique de ces élections présidentielles. Les remous actuels qui secouent les structures de ce parti et les luttes intestines qui semblent prendre une tournure assez profonde pourraient-ils changer cette donne ? Difficile à dire d’autant qu’on ne voit, du moins à l’heure actuelle, aucun autre candidat capable de supplanter Béji Caid Essebsi (ce dernier ayant officialisé sa candidature après la réunion du bureau exécutif du parti, qui s’est tenue, hier, à Gammarth). Ce serait en tous les cas une grave erreur d’autant qu’il est capable de rassembler, autour de lui, d’autres formations politiques même ceux de moindre envergure.

Les autres aspirants qui pourraient se porter candidat pour le « trône » de Carthage ne semblent disposer pratiquement d’aucune chance de postuler ce poste fort convoité. Ils ne feraient que brouiller les cartes et le décor, et ne seraient finalement que des candidatures farfelues…

Lotfi LARGUET

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