Mehdi Jomaa, le provisoire qui durera ?

Mehdi JomaaBien qu’il soit encore trop prématuré d’évaluer son action à la tête de l’Excécutif, la reconduction de l’actuel chef du Gouvernement provisoire, Mehdi Jomaa, au-delà des élections, est déjà évoquée.

C’est que plusieurs acteurs influents, en Tunisie, indiquent cette possibilité, dont notamment le parti Ennahdha, à travers le président de son Conseil de la Choura, Fethi Ayadi.

A l’occasion d’une interview accordée à l’hebdomadaire Akher Khaber, dans son édition du 15 avril 2014, Fethi Ayadi a ainsi affirmé qu’il est probable que l’actuel Premier ministre soit reconduit pour cinq ans, après les élections. Cela dépendra, a-t-il expliqué, du rendement de son gouvernement et de l’existence d’un consensus politique autour du maintien de Jomaa.

Actuellement, au niveau politique, aucun consensus ne transparaît au sujet de l’action de Mehdi Jomaa. La majorité des points de la feuille de route, source du consensus qui l’a placé à la tête de la primature, n’ont pas été abordés, si ce n’est timidement.

Mais qu’importe : Jomaa jouirait d’appuis considérables, au-delà des frontières du pays, et qui œuvreraient pour que son maintien soit un fait accompli, tant pour le peuple que pour la classe politique.

Dans une interview accordée à Jawhara FM, Mezri Haddad, ancien ambassadeur de la Tunisie auprès de l’Unesco, avait soutenu que le gouvernement de Mehdi Jomaa durera plus d’un an, car, estime-t-il, les Etats-Unis ne discutent qu’avec un gouvernement portant un programme exécutable sur le long terme.

Autre soutien important dont profiterait Mehdi Jomaa : les institutions de Bretton Woods, à savoir la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international. Ces dernières n’ont consenti d’importants prêts en faveur de la Tunisie qu’après la formation d’un gouvernement apolitique mené par des technocrates.

Dès lors, et si l’essentiel des partis politiques venaient à cautionner ce fait accompli, les prochaines élections ne seraient qu’une pure formalité.

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