Les djihadistes tunisiens de retour de Syrie : une bombe à retardement, mais de quelle taille ?

djihadistes tunisiens en Syrie (photo - balawou.com)Que deviendrait le pays si des cheikhs malintentionnés décidaient, par une simple fatwa, de décréter la Tunisie terre de djihad ? Que deviendrait ce pays si tous les djihadistes partis combattre le régime de Bachar Al Assad en Syrie, décidaient soudainement de rentrer au pays pour obéir à cette fatwa ? Le scénario paraît invraisemblable mais reste crédible et possible d’où les nombreuses inquiétudes qui commencent à fuser de partout.

Tout indique que le phénomène est loin d’être contrôlé. Lorsqu’un djihadiste, revenu de Syrie, déclare, comme ce fut le cas hier dans l’émission «Attassiaa massa» sur Attounissia TV, être prêt à faire le djihad en Tunisie même, il y a vraiment de quoi s’inquiéter du phénomène. A une question posée, ce djihadiste ne s’est pas caché derrière les mots pour affirmer sans aucune hésitation qu’il combattrait en Tunisie si cette dernière devenait, via une fatwa, terre de djihad.

Ces menaces lancées en direct à la télévision n’ont pas laissé les Tunisiens insensibles et beaucoup ont réagi sur les réseaux sociaux, estimant, comme le blog de Boukornine, que ces déclarations n’ont provoqué aucune réaction de la part de la justice alors qu’elle vient de condamner un rappeur à deux ans de prison ferme pour un clip.

Pourtant, il serait «indécent» de rejeter la seule faute sur ces centaines voire milliers de djihadistes, partis, le plus souvent avec l’aide de réseaux bien organisés et sous le regard aveugle des autorités. N’eussent été mères déchirées, le nombre aurait pu être plus conséquent. Aujourd’hui on parle d’un chiffre compris entre 500 et 3500 avec le chiffre de 2000 qui revient avec insistance.

Ces djihadistes tunisiens représenteraient même 40% des combattants étrangers présents en Syrie. De la chaire à canon envoyée au front pour une poignée de dollars. Parce que ce djihad-là, n’est pas seulement axé sur l’idéologie. L’aspect pécuniaire est aussi présent… 3000 dollars, ce n’est pas peu en ces temps de crise !

Face à des réseaux devenus puissants, les condamnations sont devenues transparentes… La faute à ces politiques qui attisent le feu. Surtout lorsque le ministre des Affaires religieuses lui-même, appelle au djihad en Syrie. Dans l’un de ses prêches du vendredi, à la Mosquée d’El Fath, remontant au mois d’août 2011, alors qu’il n’était pas encore ministre dans le gouvernement d’Ennahdha, Noureddine Khaddemi, a bien insisté sur les vertus du djihad en Syrie en tant que devoir religieux ouvrant la voie du paradis à ceux qui s’y adonnent. Détonant !

Ces jeunes utilisés comme chaire à canon mais surtout victimes de lavage de cerveau, n’ont plus que leurs familles pour les sauver, comme ces cinq djihadistes, empêchés, il y a deux jours, de quitter la Libye par leurs familles alors qu’ils se dirigeaient vers la Syrie pour aller combattre, pour aller tomber sous les balles. Certains, en pères djihadistes qu’ils sont, ont enrôlé leurs enfants à leurs côtés.

L’un d’eux est malheureusement mort parce qu’au lieu d’aller à l’école de son quartier, il a été envoyé au front se faire massacrer. Qui est responsable de cette triste mort ? Qui sera responsable de tous ceux qui rentreront diminués, une jambe en moins, un bras déchiré, un œil transpercé par un obus, etc…

A leur retour, beaucoup iront grossir les rangs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour combattre «la France des croisés». Mais l’Aqmi souhaite d’abord que «les jeunes islamistes de Tunisie, du Maroc, de la Libye et de Mauritanie, ne désertent pas leur pays afin de ne pas laisser le terrain aux laïques et aux expatriés pour qu’ils sèment la corruption», selon le dernier communiqué de l’organisation terroriste.

Un réel appel aux djihadistes tunisiens de ne pas quitter leur pays et par ricochet, un appel à ces Tunisiens en Syrie à regagner leur pays si la situation le nécessite… Si la Tunisie devient terre de djihad, ces djihadistes n’hésiteront pas un instant !

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