Quand les « Gardiens de la révolution » entrent en action

Les atteintes et les campagnes d’intimidation menées par le gouvernement provisoire et ses partisans se multiplient ces derniers temps. La première cible dans le collimateur des nouveaux gouvernants provisoires du pays avait été les médias accusés de nuire à leur action et de ne pas leur apporter suffisamment de soutien. Le point d’orgue a été atteint avec l’arrestation du directeur du quotidien « Attounissia » qui a été jeté en prison pour une « pauvre » photo publiée à la Une de son journal. La rapidité avec laquelle a agi le ministère public, qui a lancé son mandat de dépôt sur la personne de M. Nasreddine Ben Saida a laissé pantois les professionnels qui ont réagi vigoureusement contre cette arrestation arbitraire contraire au décret-loi n°115 du 2 novembre 2011 qui interdit toute peine privative de liberté pour les délits de presse. D’ailleurs, les présidents d’honneur de la LTDH, M.Mokhtar Trifi, et celui de l’Association des Magistrats Tunisiens, M.Ahmed Rahmouni ont signalé que cette action a été suscitée par le pouvoir exécutif.

Mais, le plus grave a été cette attaque menée par les partisans d’Ennahdha, selon les dirigeants syndicaux, contre les locaux de l’UGTT. En effet, ces nouveaux « Gardiens de la Révolution », à la manière iranienne (c’est comme cela que les « Pasdarans » avaient commencé leur action de mainmise sur la société), sont venus déposer les déchets ménagers devant les locaux régionaux de la Centrale Syndicale alors, que fait encore plus dangereux, le local de Fériana a été attaqué et, en partie incendié par ces zélés. Une première subie par l’UGTT et ses structures depuis les fameuses milices du PSD lors des événements du 26 janvier 1978 et de 1985.

Cela n’est pas en réalité surprenant, et était plutôt attendu, lorsqu’on se réfère à ce qui s’est produit quelques semaines auparavant lorsque certains de ces partisans étaient venus manifester contre l’ancien secrétaire général, M.Abdesselam Djerad, pour exiger son départ. Car, l’UGTT apparaît comme le principal ennemi à dompter le plus rapidement possible pour le gouvernement provisoire dans la mesure où celui-ci cherche aujourd’hui à faire taire toutes les voix revendicatives au sein de la société.

Un grand danger d’affrontement se profile à l’horizon et il est urgent que tous les partis politiques, les associations et toutes les composantes de la société civile se mobilisent pour combattre et mettre fin à ces intimidations et provocations qui ne pourraient qu’aggraver la situation et faire rentrer le pays dans un tourbillon de violence que nous ne souhaitons pas !

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