Marzouki face à la violence : « on connaît ceux qui sont derrière, mais c’est la démocratie » !

Pratiquement à chaque rencontre avec la presse locale et étrangère, Moncef Marzouki devait répondre dans le même style et dans le même esprit à la question sur le phénomène des sit-in, des barrages routiers et les troubles. L’interview qu’il a livrée le 12 courant à la BBC reproduite par Shems FM n’a pas dérogé à la règle (écouter l’enregistrement en bas de page).

Dans sa réponse à cette question, le Président a déclaré que derrière ces manifestations de violence, des hommes de main ayant appartenu à l’ancien régime agissent et profitent. Selon Marzouki, l’État détient des informations précises sur ces personnes et leur façon de procéder. Ils distribuent de l’argent aux jeunes chômeurs et aux pauvres et les incitent à s’adonner à ces actes pour empêcher le retour à la normale.

Et Marzouki ajoute :« on les connaît par leur nom un à un, on a les preuves, la loi sera appliquée, la justice leur fera assumer leur responsabilité …. mais au nom de la démocratie on doit accepter ces agissement», comprendre par cela qu’on ne doit pas les dénoncer et qu’on ne doit rien faire de palpable pour les stopper.

Au fait, ce n’est pas la première fois qu’un responsable politique de premier ordre avance des affirmations dans ce sens. Mais au niveau des solutions et des mesures à prendre, rien n’est annoncé sauf à rappeler que nul n’est au dessus de la loi et que personne n’est à l’abri des poursuites. C’est d’ailleurs dans ces mêmes termes que s’est exprimé le premier ministre, Hammadi Jebali dans une interview accordée à 3 chaînes de télévision tunisienne le 21 janvier 2012, accusant, sans les citer des partis et des personnes de mettre de l’huile sur le feu.

Le nouveau dans les récentes déclarations de Moncef Marzouki est de faire valoir la maturité et le degré de conscience du peuple tunisien pour déjouer les manoeuvres contre-révolutionnaires .

Facile à dire quand on est bien au chaud et quand on n’a pas de soucis pour subvenir à des besoins vitaux. Malheureusement , les reportages journalistiques et télévisés dans plusieurs régions de l’intérieur ont mis à nu une vérité ahurissante que l’ancien régime a réussi à masquer. En effet, personne ne s’imaginait que la paupérisation et l’indigence pouvaient atteindre des niveaux aussi alarmants et toucher de larges fractions de la population.

Pour ces milliers de laissés pour compte , condamnés à rester dans la misère noire malgré le bien-être promis, le peu d’argent qu’on leur propose n’est que le bienvenu pour les aider à vivoter, indépendamment des mobiles et des intentions. Il faut se mettre à leur place pour comprendre leur attitude, car chaque usage à ses raisons que la raison ne connaît pas.

En attendant de voir le bout du tunnel, que doit –on faire pour mettre un terme à cette situation où d’une part, des personnes vivant bien en deçà du seuil de la pauvreté n’ont plus confiance aux discours, et où d’autre part, des miliciens du RCD et d’anciens responsables dans l’administration régionale, parmi les délégués et chefs de secteurs, dont malheureusement certains sont encore en activité, s’en servent dans le cadre de leur projet.

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