La main du RCD dans Ammar 404

La main du RCD dans Ammar 404

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Avec le temps et une enquête, on fait bien des découvertes. Ainsi, un document nous est parvenu d’une source digne de foi et prouvant formellement l’implication des cadres du RCD dans la machinerie de la censure à l’ère Ben Ali.

Le document, en notre possession (voir en bas de cette page), est une correspondance classée secrète entre le secrétaire général de l’organisation des étudiants du RCD et le secrétaire général du RCD. Elle comporte l’adresse email et le mot de passe d’une personne dont le nom a été effacé par la source. La pièce originale, avec nom, est gardée en lieu sûr et attend qu’une enquête officielle soit ouverte.

On suspectait depuis longtemps les activités d’espionnage et de piratage effectuées par les étudiants membres du RCD. En voici une preuve écrite. Le processus de recrutement est assez simple : pour accéder à certains privilèges, il fallait faire partie ou être parrainé par le RCD ; les opportunistes y ont trouvé pleinement leurs comptes.

Les jeunes talents en matière de piratage et de cyber-délinquance n’ont pas fait exception. Ainsi, en espionnant leurs amis, en piratant des adresses emails, en compromettant des comptes facebook, ils gagnaient l’estime des cadres du RCD. Ils étaient récompensés par un job, une inscription en master, un voyage ou tout autre bénéfice.

Selon les témoignages recueillis, il y avait même des compétitions organisées de temps à autre, pour compromettre l’identité virtuelle d’un activiste. Parfois, cela nécessitait la complicité de l’ensemble du réseau pourri du RCD.

Ainsi, un militant de l’opposition s’est vu voler sa boîte email par une simple réinitialisation du mot de passe. Le pirate a tout simplement appelé le chef de la section du RCD de la ville natale du militant pour avoir la réponse à une question banale : « le nom du premier instituteur que ce militant a eu ». C’est cette question qui a été demandée par la boîte email pour réinitialiser le mot de passe en cas d’oubli.

Les membres du RCD étaient au nombre de deux millions. Mais combien d’entre eux sont coupables de cyber-délinquance ? La question ne trouvera peut-être jamais de réponse.

Les archives du RCD devraient grouiller de pareils documents. C’est une véritable mine à exploiter pour mettre au clair le niveau de responsabilité de chacun.

Le RCD était un véritable corps d’espionnage du cyber-espace. Il y avait même des « cellules de veille » dont la mission était tout bonnement l’étroite surveillance de l’activité des militants anti-Ben Ali. C’est ainsi que plusieurs activistes ont été arrêtés, paraît-il.

Apparemment, il ne s’agissait pas de moyens techniques à la pointe de la technologie, pour surveiller l’ensemble du trafic tunisien d’Internet, mais d’un énorme réseau de mouchards « moundassine ».

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