Le billet de Hatem Bourial – À qui profite le crime ?

Sans vouloir être cynique, savez-vous à qui profitent tous les petits crimes sans importance qui polluent désormais notre quotidien ?

Savez-vous qui est le bénéficiaire final des actes fous de cette Tunisie qui préfère se tirer une balle dans la jambe plutôt que tourner la page et construire l’avenir ?

Selon,  le très sérieux journal suisse « La Tribune », l’effondrement du tourisme tunisien nous guette. En effet, ce journal mentionne que depuis la Révolution, nous avons perdu 80% du flux touristique habituel.

Toujours selon ce journal, ce sont les Baléares, les Canaries,  la Grèce, la Sardaigne et La Sicile qui profitent de la situation qui prévaut en Tunisie mais aussi en Egypte et au Maroc.

Tels sont donc les bénéficiaires du Karakouz qui se joue sous nos yeux impuissants. Et ce ne sont pas de coûteuses (et mal conçues) campagnes de promotion qui sauveront la mise.

Au nom de quel humour douteux invoque-t-on des « balles qui fusent » pour relancer le tourisme tunisien ? Pourquoi parler de « champs de ruines » ? Ce cynisme est-il de mise ou bien est-il le fait d’agences-conseils incompétentes qui, sachant qu’elles tireront leur épingle du jeu sonnant et trébuchant, se soucient comme d’une guigne de l’avenir du tourisme tunisien ?

Pourtant, les professionnels tunisiens sont là et personne ne demande leur avis sur les modalités de cette relance qui, comme à l’accoutumée, se décide dans le silence feutré des cabinets.
Une bonne nouvelle pour terminer. Le même journal, « La Tribune », souligne que la seule chance de relance estivale du tourisme tunisien serait un trop-plein des destinations de rechange. Tu parles d’une bonne nouvelle !

C’est la mort dans l’âme que j’écris ces quelques lignes. A la frustration de ne pas être entendu s’ajoute l’indignation face à cette campagne de promotion. Et sur tout cela viennent se poser, cerises amères sur un gâteau rance, la rage contre ceux qui enflamment la rue et la tenace impression que tout le monde s’en fout.

Serions-nous, à force de vivre dans le flou , devenus fous, poux, hiboux ? Qu’on se le dise : il n’est jamais trop tard et rien n’est perdu d’avance. Il suffit de lutter avec conviction et ne pas sombrer dans le désespoir de celles et ceux à qui tout échappe. Vive la Tunisie libre, souveraine, rationnelle, tolérante et par-dessus tout vigilante…

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