Le billet de Hatem Bourial – Aux larmes, citoyens…

Le bon vieux temps des rafles semble revenu du côté de l’Hexagone. A force de flirter avec l’électorat du front national, la droite française semble avoir adopté et ses thèses et ses méthodes musclées. A la place Beauvau, le ministre de l’intérieur français se veut inquiétant à dessein. Et hormis l’indignation du maire de Paris, il semble bien que l’arrestation d’une centaine de Tunisiens à Paris et Marseille se passe dans l’indifférence voire le silence complice de la classe politique.

Les naufragés de Lampedusa vivent actuellement un véritable calvaire et devraient, en toute hypothèse, retrouver prochainement le sol tunisien. Ces jeunes Tunisiens ont ainsi pu constater les saveurs d’humiliation qu’avait l’Europe d’aujourd’hui. Leur histoire au goût d’échec sonne le glas de beaucoup d’illusions perdues.

Pouvait-on attendre de la France plus de générosité voire même l’hospitalité ? Difficile de répondre car les autorités françaises semblent ne vouloir en aucun cas créer de précédent qui légitimerait un flux plus important de migrants. Position compréhensible mais qui ne justifie nullement la descente brutale effectuée hier au parc de la Villette. Position limpide mais en hiatus avec la vocation universelle de la France.

Ces jeunes attendaient, au fond, beaucoup de la France qu’ils croyaient être un El Dorado. Ils pourront désormais méditer l’accueil qui leur a été réservé. Ils pourront aussi réfléchir à la « combinazione » italienne qui a fait qu’on leur délivre des permis de circuler qui s’avèrent caducs.

Ultime paradoxe : ces jeunes qui ont fui dans la foulée du fuyard véreux et de sa clique pourraient se retrouver derrière les barreaux dans leur propre pays. Et pendant ce temps, Zinochet et les siens courent toujours… Avec la bénédiction d’autorités occidentales qui sont passées expertes dans le maniement des deux poids et deux mesures selon qu’il s’agit de la fortune souillée d’un dictateur ou des rêves par effraction d’une jeunesse écrasée par ce même dictateur.

Comme quoi, à la longue, les masques finissent par coller à la peau et l’hypocrisie par être de bonne foi. Puissent les enfants de la patrie connaitre de nouveaux jours de gloire car, pour l’heure, c’est plutôt le temps des larmes que celui des armes de 1792. N’en déplaise à Rouget de Lisle, compositeur de La Marseillaise qui, lui aussi, pourra verser quelques pleurs sur les morales élastiques de l’Europe.

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