Qui se cachait derrière Ammar 404 ?

Qui se cachait derrière Ammar 404 ?

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Ammar est une célébrité nationale, de ses faits, mais personne ne connait réellement comment il fonctionnait.

Il a été souvent associé à l’Agence Tunisienne de l’Internet. Il censure les sites web portant atteinte aux bonnes mœurs mais surtout les blogs et sites web dont le contenu défiait l’ancien régime. Ammar faisait de la politique.

Pour avoir la réponse, la question ne pouvait être posée qu’à Kamel Saadaoui, président directeur général de l’ATI. A la question, il réponds par une question : « Vous avez un opérateur qui gère du matériel capable de censurer, une unité qui contrôle à distance ce matériel et bloque les sites et enfin un troisième groupe décideur qui donne les ordres. Parmi les trois, qui est Ammar alors ? »

Les employés de l’ATI n’avaient aucun accès aux logiciels, à la liste des sites censurés : « Nous ne pouvons pas la voir et nous ne le voulons pas d’ailleurs. Nous gérons uniquement le technique », ajoute K. Saadaoui

Il y a en effet trois unités clés dans la machinerie de la censure. L’ATI s’occupait de mettre le matériel sur le réseau, assurer son fonctionnement physique. Le contrôle de ses serveurs était assuré par une autre équipe dépendant du Ministère de l’Intérieur, explique K. Saadaoui. Son rôle était de gérer les serveurs de censure, ajouter tel ou tel site à la liste noire. C’est la cyberpolice tunisienne mais elle ne prend pas de décisions elle aussi, elle ne fait qu’appliquer.

Et c’est là que ça se complique. Il y avait une troisième équipe, celle qui décide. Elle serait « implémentée » au palais présidentiel à Carthage. C’est cette unité qui fouille le web à la recherche de contenu « politiquement incorrect ». Cette équipe donne l’ordre mais en reçoit aussi et se fait même gronder quand un site lui échappe.

Le tout est informel, anarchique. Ainsi, tout RCDiste ou autre proche du palais et qui se retrouve devant une page qui ne plaît pas contacte Carthage.

A l’heure actuelle d’ouverture actuelle, seuls les décideurs disparaîtront. C’est un juge qui prendra les décisions, en application de la législation. Quant à l’ATI, le passage par elle ne sera peut être plus obligatoire. Les fournisseurs d’accès à Internet pourront avoir de l’internet non-filtré et assurer le filtrage eux-même avant de distribuer à leurs clients et ce, en application des lois.

Ceci dit, la nouvelle donne devrait normalement inciter certains responsables de secteur sensible du temps de Ben Ali à avoir assez de courage pour assumer leurs responsabilités même s’ils avaient agir sous les ordres et les intimidations.

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