Nos FSI bloquent-ils le téléchargement ? Google lance un outil pour le savoir !

Mardi dernier, Google a annoncé le lancement d’un nouvel outil qui permet aux internautes de savoir si les fournisseurs de service Internet (FSI) font des restrictions sur les connexions en bloquant ou en ralentissant certaines applications de téléchargement comme le  » Peer to Peer  » (P2P).
Connus, aussi, sous les noms Edonkey, BitTorrent, eMule… ces applications permettent d’échanger entre les internautes tous types de fichiers (informatique, audio, vidéo ou document) gratuitement sans payer aucune  » royaltie  » aux studios d’Hollywood, aux maisons de disques et aux éditeurs de logiciel…
Vu le volume d’échange, le P2P a déjà mis en danger tout le système -des milliards et des milliards de dollars en droits d’auteurs- protégé par la propriété intellectuelle. Le phénomène ne s’arrête pas là. Au début, le P2P faisait le bonheur des FSI, qui promettaient aux nouveaux abonnés  » all you can eat  » en musique et téléchargement. Désormais ils sont devenus un cauchemar pour eux, tant ils arrivent difficilement à tirer profit de la bande passante.
La bande passante qui nourrit l’Internet est une denrée chère, surtout pour les FSI des pays émergents où plus de 80% de navigation Internet se font en dehors de leurs contrées.
L’idée de contrôler la bande passante, afin de décongestionner son utilisation dans certaines tranches horaires de la journée tout en économisant sur les périodes creuses de la connexion haut débit, n’est pas nouvelle, plusieurs fournisseurs à l’échelle internationale l’ont approuvée.
Comme on l’a évoqué, l’année dernière, sur ces mêmes colonnes, chez nous, dans un paysage où l’offre haut débit est la même chez tous les FSI, l’utilisation de solutions de contrôle, de filtrage et de gestion du trafic Internet est plus qu’intéressante, elle est vitale.
Plusieurs de nos FSI ont acquis un boîtier comme « Packeteer » permettant, entre autres, de ralentir l’utilisation du « Peer to Peer ». À titre d’exemple, le trafic http (site web) et POP/SMTP (email), qui représentent les usages quotidiens d’Internet, sont privilégiés au détriment du trafic nécessaire au fonctionnement des applications de téléchargement.
Mais la stratégie de la gestion de la bande passante par les FSI va à l’encontre du choix des internautes. Selon une étude publiée en 2008 par MultiMedia Intelligence, le réseau P2P représente 44.0% du trafic internet mondial et d’ici 5 ans, il va augmenter de 400 %.
En effet, les FSI sont accusés de réduire de manière très importante le trafic internet pris par le p2p afin de réduire les coûts.

Lorsque Vint Cerf, le père d’Internet, se mêle de la partie
A ce manque de transparence de la part des fournisseurs, Google s’est associé avec  » the New America Foundation  » et  » Planet Labs  » afin de développer Measurement Labs (www.measurementlab.net) et donner aux internautes des outils permettant d’aider « les utilisateurs à diagnostiquer des problèmes courants qui pourraient affaiblir leur débit, ainsi qu’à déterminer si BitTorrent est bloqué ou ralenti par leur fournisseur d’accès Internet », explique le co-inventeur du protocole TCP/IP , Vint Cerf.(http://googleblog.blogspot.com/2009/01/introducing-measurement-lab.html)

Le test de Google
On a essayé un des outils de Measurement Labs, celui qui permet de savoir si notre FSI ralentit le téléchargement via le réseau P2P. Voici les étapes à accomplir:
Dans la page  » http://broadband.mpi-sws.org/transparency/bttest.php  » cliquez sur  » BitTorrent Test « , ensuite au milieu de la même page cliquez sur  » start testing « . Le test ne dure pas plus de 7 minutes mais vu le nombre de connectés, il faut patienter et essayer plusieurs fois.
Il ressort du test que notre notre FSI est  » clean  » et n’impose aucune restriction sur l’utilisation des protocoles BitTorrent. Mais il y a une remarque, et pas des moindres, notre ligne est une ADSL professionnel 2 Mega, entendez par là une meilleure qualité de connexion que celle allouée à l’ ADSL 2 Mega domicile !
En mettant à la disposition de n’importe quel internaute un tel outil, garanti par la présence de 36 serveurs éparpillés dans 12 endroits différents du monde, Google gagne en admiration et ouvre une nouvelle dimension de concurrence entre les FSI.

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