La Fédération tunisienne de football (FTF) a franchi un nouveau cap dans sa lutte contre les violences dans les stades. Réuni samedi 22 août, le bureau fédéral a adopté les différentes dispositions du nouveau code disciplinaire, qui sera appliqué dès cette saison 2026-2027. Le texte renforce notamment les sanctions contre les jets de projectiles et les engins pyrotechniques, tout en alourdissant les sanctions financières et en supprimant certaines circonstances atténuantes.
Du projet au règlement applicable
Le changement est d’abord institutionnel. Le 4 août, à l’occasion du lancement de la nouvelle saison, le ministre de la Jeunesse et des Sports avait demandé une révision du barème des sanctions et des décisions plus fermes face à la violence dans les enceintes sportives.
La FTF passe désormais de l’annonce à l’application. Le nouveau code a été formellement adopté et doit encadrer les décisions disciplinaires à compter de la saison 2026-2027, a annoncé l’Agence TAP.
Cette évolution constitue également le principal changement par rapport aux annonces faites au début du mois : les mesures évoquées comme pistes de réforme deviennent désormais un cadre réglementaire applicable aux clubs.
Le huis clos comme nouvelle menace disciplinaire
Pour les clubs, la principale conséquence est la perspective de sanctions sportives plus lourdes en cas d’incidents dans les tribunes.
Les jets de projectiles, l’utilisation d’engins pyrotechniques et les comportements susceptibles de provoquer des mouvements de panique figurent parmi les agissements visés par le durcissement. La réponse disciplinaire pourra aller jusqu’au huis clos, notamment dans les situations les plus graves ou en cas de récidive.
Le mécanisme change donc de portée : une infraction commise par des supporters peut désormais avoir une conséquence directe sur le club, en le privant du soutien de son public lors d’une ou plusieurs rencontres.
C’est un enjeu particulièrement sensible pour les équipes dont les recettes de billetterie et l’ambiance à domicile constituent une composante importante de leur modèle économique et sportif.
Les circonstances atténuantes dans le viseur
La FTF a également décidé de supprimer les circonstances atténuantes prévues par les articles 43 et 56 du code disciplinaire.
Cette décision traduit la volonté de réduire la marge de modulation dont pouvaient bénéficier certains clubs devant les instances disciplinaires. Autrement dit, la responsabilité disciplinaire ne devrait plus pouvoir être systématiquement relativisée au regard de circonstances considérées comme atténuantes.
La logique affichée est celle d’une plus grande prévisibilité et d’une plus grande sévérité des sanctions.
Des amendes plus lourdes, mais encore sans barème publié
Le nouveau dispositif prévoit également une augmentation des sanctions financières concernant les actes et comportements ayant un lien direct ou indirect avec les violences dans les stades.
Un élément doit toutefois être précisé : les nouveaux montants détaillés des amendes n’ont pas encore été publiés dans les sources disponibles. Il serait donc prématuré d’avancer des chiffres précis.
Le nouveau barème devrait permettre de mesurer concrètement l’ampleur du changement.
Supporters : une nouvelle zone de responsabilité
Le texte ne se limite pas aux projectiles et aux fumigènes. La FTF annonce également des sanctions contre certains comportements considérés comme portant atteinte au respect du drapeau ou de l’hymne national.
Cette disposition ouvre un nouveau terrain disciplinaire, puisqu’elle ne concerne plus uniquement les actes susceptibles de provoquer des violences physiques ou des dégâts matériels.
Pour les clubs, la difficulté sera désormais double : prévenir les comportements violents mais aussi renforcer la sensibilisation et l’encadrement de leurs supporters afin d’éviter que des actes commis en tribunes ne se traduisent par des sanctions contre l’équipe.
Le vrai test commence avec la nouvelle saison
La FTF avait déjà affiché une volonté de « tolérance zéro » face aux violences. Le nouveau code transforme cette orientation en dispositif disciplinaire.
Reste maintenant à voir comment les instances l’appliqueront. Le degré de sévérité des premières décisions, la prise en compte de la récidive et surtout le montant du nouveau barème permettront de mesurer si ce durcissement constitue un véritable changement de méthode ou seulement une nouvelle grille de sanctions.
Pour les clubs tunisiens, le message est en tout cas clair dès le coup d’envoi de la saison 2026-2027 : les incidents dans les tribunes risquent désormais de coûter plus cher, financièrement mais aussi sportivement.
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