Le décès d’un ouvrier de la Compagnie des phosphates de Gafsa, samedi à Métlaoui, après le renversement d’un camion transportant du phosphate, relance avec force la question des conditions de sécurité dans le bassin minier. Au-delà de ce nouveau drame, l’accident met en lumière une problématique plus large : celle d’un appareil productif vieillissant, d’accidents du travail répétés et d’un secteur stratégique que la Tunisie cherche simultanément à relancer.
La Compagnie des phosphates de Gafsa a annoncé, samedi, le décès de l’un de ses ouvriers à la suite du renversement d’un camion de transport de phosphate dans l’un des sites d’exploitation de la ville de Métlaoui.
La victime, Abdelkader Diab, a perdu la vie dans cet accident qui a immédiatement suscité une vive inquiétude parmi les travailleurs du bassin minier.
Ce décès intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs accidents du travail dans différents sites de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Des travailleurs et des représentants syndicaux soulèvent depuis plusieurs mois la question des équipements, des moyens de protection et, plus largement, des conditions dans lesquelles s’effectue le travail minier.
Une série d’accidents qui alimente l’inquiétude
Le drame de samedi n’est pas un incident isolé. En janvier dernier, un accident mortel dans une laverie de phosphate de Mdhilla avait provoqué l’arrêt de la production dans plusieurs sites de la région, les travailleurs dénonçant alors la dégradation des conditions de sécurité et réclamant une enquête ainsi que des mesures urgentes.
Quelques semaines plus tard, en février, un camion destiné au transport du phosphate s’était déjà renversé dans le site de Kef Eddour, à Métlaoui, blessant son conducteur.
En juin, quatre autres ouvriers de la CPG avaient été blessés lorsqu’un engin géant de transport du phosphate avait accidentellement percuté le véhicule qui les transportait sur le site de production de Kef Eddour. Le conducteur avait notamment subi de graves fractures.
Cette succession d’accidents pose nécessairement la question de savoir s’il s’agit d’événements indépendants ou du symptôme d’un problème plus profond dans l’organisation et les conditions de travail.
À ce stade, les circonstances précises de l’accident ayant coûté la vie à Abdelkader Diab devront être établies par l’enquête et les investigations compétentes. Il serait donc prématuré d’en attribuer la responsabilité à une défaillance précise.
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La sécurité au travail déjà au centre des préoccupations
La direction générale de la Compagnie des phosphates de Gafsa avait elle-même renforcé ses consignes de sécurité au début de l’année, après une augmentation des accidents dans certains sites de production.
Dans une note diffusée en janvier, la CPG avait appelé ses agents et cadres travaillant dans les mines à ciel ouvert et les laveries à respecter strictement les mesures de sécurité, notamment le port obligatoire des vêtements et chaussures de protection.
La direction avait également demandé aux responsables des différents sites de veiller à la disponibilité des équipements de sécurité, à la préparation des ambulances pour les interventions urgentes, à l’amélioration de l’éclairage des lieux de travail et à l’organisation d’actions de sensibilisation. Ces mesures étaient intervenues après des visites de l’inspection régionale du travail de Gafsa et après plusieurs accidents, dont deux avaient été mortels.