La municipalité de Sousse prépare l’acquisition de caméras mobiles destinées à renforcer la surveillance de l’espace public et à lutter contre les infractions liées notamment à la propreté et aux atteintes à l’environnement. Une initiative qui pourrait ouvrir la voie à une généralisation de ce type de dispositif dans d’autres villes tunisiennes confrontées aux mêmes difficultés.
Dans un communiqué publié à l’occasion de ses interventions sur le terrain, la municipalité de Sousse a indiqué qu’elle prépare une procédure d’achat de plusieurs caméras mobiles qui seront installées dans les zones bleues ainsi que dans les « points noirs » identifiés dans la ville.
L’objectif affiché est de renforcer le contrôle et la dissuasion face aux comportements portant atteinte au cadre de vie, notamment les dépôts anarchiques de déchets, les infractions liées à la propreté urbaine et les différentes formes d’agression contre l’environnement.
Selon la municipalité, ce nouveau dispositif devra contribuer à une meilleure protection des espaces publics et faciliter l’application de la loi en permettant un suivi plus efficace des infractions constatées.
Face à la multiplication des dépôts sauvages
Le choix de Sousse intervient dans un contexte où de nombreuses municipalités tunisiennes font face à un même défi : la persistance des dépôts sauvages malgré les campagnes de nettoyage et les opérations régulières d’intervention.
Lire aussi : Sousse déclare la tolérance zéro contre les infractions environnementales
Dans plusieurs régions, les services municipaux dénoncent les difficultés à identifier les auteurs des infractions, notamment lorsque les dépôts sont effectués dans des zones isolées ou en dehors des horaires habituels de collecte.
Dans ce contexte, l’utilisation de caméras mobiles apparaît comme un outil supplémentaire permettant de surveiller les zones sensibles, d’identifier les contrevenants et de renforcer l’effet dissuasif.
Vers une généralisation à l’échelle nationale ?
L’expérience de Sousse pourrait-elle inspirer d’autres municipalités tunisiennes ? La question se pose alors que la propreté urbaine demeure une préoccupation majeure dans plusieurs villes.
La généralisation de ce dispositif pourrait permettre aux municipalités de disposer d’un outil commun de contrôle, particulièrement dans les quartiers connaissant des problèmes récurrents liés aux déchets, aux occupations anarchiques de l’espace public ou aux dégradations environnementales.
Une telle démarche nécessiterait toutefois des moyens financiers, une organisation technique adaptée et un cadre clair concernant l’utilisation des images collectées, afin de garantir le respect des règles liées à la protection des données personnelles.
Les caméras ne pourraient pas, à elles seules, régler la problématique des déchets. Elles devraient être accompagnées d’un renforcement des services de collecte, d’actions de sensibilisation auprès des citoyens et d’une application effective des sanctions.
Avec l’initiative annoncée à Sousse, la question d’un recours plus large aux outils numériques dans la gestion municipale est désormais posée : les caméras mobiles pourraient devenir un nouvel instrument dans la lutte contre les incivilités et pour la préservation des espaces publics en Tunisie.