Plus de 150 chèvres et moutons sont morts à Métlaoui, dans le gouvernorat de Gafsa, suscitant des inquiétudes quant à une éventuelle contamination de l’eau consommée par le troupeau.
Wassim Brahmi, agriculteur et membre du conseil local, a indiqué lors d’une intervention téléphonique sur Jawhara FM que le nombre d’animaux morts dépassait déjà les 150, tout en avertissant que le bilan pourrait encore augmenter.
Des vétérinaires mobilisées
Selon lui, des vétérinaires se sont rendus sur place et ont prélevé des échantillons sur les animaux morts afin de déterminer les causes de cette mortalité inhabituelle. Les premières constatations orienteraient vers une intoxication, mais aucune conclusion définitive ne peut encore être établie avant les résultats des analyses.
Wassim Brahmi affirme que le troupeau avait bu dans l’oued Thelaja, qui, selon ses déclarations, reçoit des rejets provenant du lavage du phosphate de la laverie n°5. Un lien entre cette eau et la mort des animaux reste toutefois à confirmer par les analyses.
L’affaire intervient dans une région où les rejets liés à l’activité de traitement du phosphate constituent depuis plusieurs années un sujet de préoccupation environnementale. La question de la qualité des eaux de l’oued Thelaja et de leur impact sur les terres agricoles et les élevages locaux est notamment régulièrement soulevée.
Qualité des eaux de l’oued Thelaja
La Société des phosphates de Gafsa (CPG) avait déjà annoncé des travaux visant à limiter les écoulements de boues issues des laveries de phosphate dans la zone de Thelaja. Des canalisations et des bassins de récupération avaient notamment été prévus afin de mieux contrôler ces eaux et de permettre leur réutilisation dans les opérations de lavage du phosphate.
À ce stade, il convient toutefois de distinguer les faits établis des soupçons : la contamination liée aux rejets de phosphate n’est pas encore établie comme étant la cause de la mortalité du troupeau. Les analyses des prélèvements effectués par les vétérinaires devront déterminer la nature d’une éventuelle substance toxique et son origine.
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Au-delà de l’impact économique pour les éleveurs concernés, cette mortalité massive soulève ainsi des questions sur la qualité des ressources en eau accessibles au bétail et sur le contrôle des rejets industriels dans cette zone minière.
Les résultats des analyses seront donc déterminants pour confirmer ou écarter l’hypothèse d’un empoisonnement lié à l’eau de l’oued Thelaja.