Le directeur général du Centre national de pharmacovigilance, Riadh Daghfous, a affirmé lundi 11 mai 2026 que le virus Hanta reste « faiblement transmissible » et n’a pas atteint le stade d’épidémie mondiale, tout en appelant à un suivi attentif des cas récemment signalés à bord d’un navire de croisière néerlandais.
Intervenant sur la radio tunisienne, le responsable a expliqué que ce virus se transmet principalement par les rongeurs, notamment à travers l’inhalation de poussières contaminées par leurs excréments, le contact avec des surfaces souillées ou encore la consommation d’aliments contaminés.
La transmission entre humains demeure extrêmement rare
Selon lui, la transmission entre humains demeure extrêmement rare, ce qui réduit le risque d’une propagation massive comparable à celle d’autres virus respiratoires.
Hantavirus provoque des symptômes proches d’une grippe sévère, tels qu’une forte fièvre, des maux de tête et des douleurs articulaires. Toutefois, les complications peuvent devenir graves avec des atteintes respiratoires aiguës et des insuffisances rénales susceptibles d’entraîner le décès des patients dans les cas les plus sévères.
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Riadh Daghfous a également insisté sur la nécessité de réaliser des analyses génétiques sur les cas détectés à bord du navire de croisière afin d’identifier précisément la souche virale en circulation.
Le virus est endémique dans plusieurs pays
De son côté, Mahjoub Aouni, professeur de virologie à la faculté de médecine de Monastir, a rappelé que le virus est endémique dans plusieurs pays, notamment en Asie, particulièrement en Chine et en Corée où il a été identifié pour la première fois dans la région du fleuve Hantaan dans les années 1980.
Le spécialiste a précisé que la période d’incubation varie entre une semaine et huit semaines et que plusieurs variantes du virus existent. Il a également indiqué qu’une transmission d’humain à humain n’a été observée que dans des cas très limités liés à une souche spécifique portée par une espèce particulière de rongeurs.
Cette mise au point intervient après un incident sanitaire signalé le 5 mai à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius. Trois passagers sont décédés et trois autres ont été placés dans un état critique après une suspicion de propagation du virus Hanta à bord du bâtiment, qui transportait environ 150 personnes au large des côtes du Cap-Vert, dans l’océan Atlantique.