Mais plus de 90 % du littoral surveillé reste conforme aux normes sanitaires
À quelques jours du coup d’envoi de la haute saison estivale, le ministère de la Santé a rendu publique sa liste actualisée des plages tunisiennes pour l’été 2026. Le constat est net : 49 points du littoral sont désormais déconseillés à la baignade, contre 28 lors des étés 2024 et 2025.
En l’espace de douze mois, le nombre de sites côtiers jugés impropres à la baignade par les autorités sanitaires a donc augmenté de 75 %. Une hausse qui appelle à la vigilance, alors que des millions de Tunisiens et de touristes s’apprêtent à fréquenter les plages du pays.
Ben Arous, Bizerte et Tunis en première ligne
Les prélèvements sont réalisés par la Direction de l’Hygiène du Milieu et de la Protection de l’Environnement (DHMPE), qui relève du ministère de la Santé. Sur la base de ses analyses, la liste des zones à éviter s’est nettement allongée cette année.
Les gouvernorats les plus concernés sont Ben Arous, notamment à Radès, Ezzahra et Hammam-Lif, Bizerte, en particulier autour de Menzel Bourguiba, Bizerte Nord et Jarzouna, ainsi que Tunis, avec plusieurs points signalés au Kram et à La Goulette.
Nabeul, Gabès, Ariana et Sousse complètent la liste, cette dernière avec un seul point concerné, la plage Las Vegas.
Le réseau national de surveillance s’appuie sur 539 points de contrôle répartis sur l’ensemble du littoral. Les analyses microbiologiques visent notamment à détecter la présence de bactéries indicatrices d’une contamination des eaux, comme les coliformes et les streptocoques.
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Une hausse constatée, mais pas officiellement expliquée
Au-delà du constat chiffré, le ministère de la Santé n’a pas détaillé les raisons de cette hausse entre 2025 et 2026. Plusieurs facteurs peuvent toutefois contribuer à la dégradation de la qualité des eaux : saturation des réseaux d’assainissement, rejets urbains, proximité d’oueds ou de canaux, ruissellement ou faible renouvellement de l’eau dans certaines zones.
Des organisations environnementales et sociales, dont le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES), documentent depuis plusieurs années les problèmes liés à la pollution marine, aux rejets d’eaux usées et aux défaillances de certaines infrastructures d’assainissement.
Ces éléments peuvent éclairer la récurrence de certains points noirs du littoral, notamment dans les zones urbaines et industrielles, mais ils n’ont pas été confirmés par le ministère comme explication directe du bond observé cette année.
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Plus de 90 % du littoral reste conforme
Malgré cette hausse, la grande majorité des plages tunisiennes demeure salubre : les 49 points concernés représentent environ 9 % des 539 sites surveillés.
Le ministère précise que la liste évoluera au cours de l’été en fonction des résultats des analyses périodiques et de l’amélioration éventuelle de la qualité des eaux. Les estivants sont appelés à privilégier les plages surveillées et à respecter les consignes sanitaires.