La figue de Barbarie, fruit emblématique de l’été tunisien, se fait particulièrement rare cette saison sur les marchés. Cette baisse de disponibilité s’explique par un recul important de la production, conséquence des dégâts causés par la cochenille carmin, mais aussi par les conditions climatiques extrêmes qui ont fragilisé les plantations.
Selon le président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche (UTAP) de Bouargoub, Sami Houeidi, les pertes enregistrées sur la récolte de figues de Barbarie atteignent près de 70 %. Dans une déclaration à Mosaïque FM, il a indiqué que, malgré le recul de la propagation de la cochenille carmin dans plusieurs zones, ses effets continuent de peser sur la production.
À cette menace phytosanitaire se sont ajoutées les fortes températures estivales, notamment les épisodes de chergui, ainsi que le manque d’eau, qui ont davantage affaibli les cultures et réduit les rendements.
Les agriculteurs tentent de limiter les pertes
Face à cette situation, les agriculteurs ont multiplié les efforts pour sauver une partie des plantations et préserver la prochaine saison. Sami Houeidi a souligné les efforts consentis par les producteurs de Bouargoub pour réduire l’impact des conditions difficiles, malgré la succession des contraintes climatiques et sanitaires.
Lire aussi : À Zelfen, le bastion de la figue de Barbarie menacé par la cochenille
Concernant la variété « hindi amless », attendue sur les marchés à partir du mois de septembre, la baisse de production devrait être moins importante. Les estimations font état d’un recul d’environ 20 % de la récolte.
La région de Bouargoub, dans le gouvernorat de Nabeul, figure parmi les principales zones productrices de cette variété, avec une production annuelle qui avoisine les 10 000 tonnes. Les superficies consacrées à cette culture atteignent environ 850 hectares, auxquelles s’ajoutent de nouvelles plantations entrées récemment en production.
Un secteur stratégique menacé par les aléas climatiques
La Tunisie compte parmi les pays producteurs de figues de Barbarie, également appelées « hindi » ou « Sultan el Ghella ». La région de Kasserine, notamment la délégation de Thala, est particulièrement connue pour cette culture qui représente une source importante de revenus pour de nombreux agriculteurs.
Ces dernières années, la filière a toutefois été confrontée à plusieurs défis, notamment l’apparition de la cochenille carmin, un insecte ravageur qui s’attaque aux raquettes du cactus, ainsi qu’aux effets du changement climatique marqués par la hausse des températures et la raréfaction des ressources hydriques.
Alors que la demande reste forte pour ce fruit très apprécié des Tunisiens durant la période estivale, la baisse de l’offre pourrait entraîner une hausse des prix et affecter les revenus des producteurs, dans un contexte déjà marqué par les difficultés rencontrées par plusieurs filières agricoles.