L’Assemblée des représentants du peuple examine ce mardi 21 avril un projet de loi portant sur l’approbation d’un prêt accordé à la Tunisie par le Fonds arabe pour le développement économique et social. D’un montant de 153 millions de dinars, ce financement vise à accélérer la modernisation des lignes ferroviaires dédiées au transport du phosphate, un maillon stratégique pour la compétitivité de la filière.
Un prêt structurant pour la ligne 21
L’accord, signé le 16 octobre 2025, porte sur 16 millions de dinars koweïtiens, soit environ 153 millions de dinars tunisiens. Le prêt est assorti d’un taux fixe de 3,75%, remboursable sur 30 ans, avec quatre années de grâce.
Les fonds seront principalement consacrés à l’achèvement des travaux de la ligne 21, un axe ferroviaire stratégique de 129 kilomètres reliant les régions de Gabès et Gafsa.
Un chantier plus large de 500 MD
Ce financement s’inscrit dans un programme plus vaste de rénovation du réseau ferré minier du sud tunisien, dont le coût global est estimé à près de 500 millions de dinars. Le projet couvre également les lignes 5, 14 et 17, reliant notamment Sfax, Gabès et Gafsa, avec l’objectif de remettre à niveau environ 190 kilomètres de voies dans une première phase.
La modernisation du rail minier vise à renforcer la capacité de la Société nationale des chemins de fer tunisiens à transporter le phosphate et ses dérivés. Ce volet logistique est crucial pour soutenir la Compagnie des phosphates de Gafsa et le Groupe chimique tunisien, dans un contexte où la vétusté du réseau a fortement pesé sur la production et les exportations ces dernières années. Selon des données récentes, le transport du phosphate représente près de 40% des revenus de la SNCFT.
Au-delà du phosphate, le projet ambitionne aussi de désengorger le réseau routier, de réduire les accidents aux passages à niveau et de favoriser le développement régional par la création d’emplois directs et indirects. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de relance des infrastructures ferroviaires du pays.