La Tunisie a réceptionné, ce matin au port de La Goulette, un nouveau lot de 136 bus en provenance de Chine, marquant l’achèvement d’une première commande stratégique. Cette livraison vient compléter un programme global de 461 véhicules destinés aux sociétés de transport public. Dans un contexte de crise structurelle du secteur, les autorités entendent ainsi relancer les dessertes et améliorer la qualité de service à l’échelle nationale.
Dernière livraison pour un programme de 461 bus
Avec l’arrivée de ce nouveau contingent, la Tunisie boucle progressivement un marché de 461 bus acquis dans le cadre d’un partenariat avec la Chine. Cette opération s’est déroulée en plusieurs tranches successives : après une première livraison de 134 bus, suivie d’un second lot de 158 véhicules, le dispositif atteint aujourd’hui sa phase finale.
Dans le détail, les 136 bus réceptionnés ce lundi seront répartis entre les opérateurs publics, soit 118 unités pour la Société des transports de Tunis et 18 bus pour la Société régionale de transport de Béja.
L’ensemble de ces acquisitions vise à renforcer les capacités des sociétés régionales, fortement fragilisées par le vieillissement du parc roulant et les pannes à répétition.
Une montée en puissance progressive du dispositif
Depuis le début de l’année, les arrivages se sont enchaînés au port de La Goulette, traduisant une stratégie progressive de remise à niveau du réseau.
Fin février, un lot de 158 bus avait déjà été livré, dont une partie destinée au transport interurbain et aux liaisons longues distances, avec des véhicules plus confortables et adaptés aux trajets nationaux.
Ces nouvelles unités doivent permettre de réduire l’âge moyen du parc, de limiter les pannes fréquentes, d’améliorer la régularité des lignes, et de renforcer la capacité de transport, notamment dans les zones urbaines et périurbaines.
L’objectif affiché est clair : rétablir des lignes abandonnées ces dernières années faute de moyens et améliorer sensiblement l’offre de transport public.
621 bus supplémentaires en ligne de mire
Au-delà de ce programme déjà engagé, les autorités tunisiennes voient plus loin. Un appel d’offres international portant sur 621 nouveaux bus a été lancé en parallèle, afin d’accélérer encore la modernisation du secteur.
Cette future acquisition devrait inclure des bus urbains et régionaux, des bus scolaires et universitaires, des minibus pour zones difficiles d’accès, et des bus climatisés pour les lignes interurbaines.
Ce second chantier s’inscrit dans une stratégie globale de relance d’un secteur longtemps marqué par le sous-investissement et la dégradation des conditions de transport.
Un secteur sous pression, une réforme attendue
L’arrivée de ces bus intervient dans un contexte de fortes tensions sur le transport public, caractérisé par des retards chroniques, une saturation des lignes et un parc vieillissant.
Pour les autorités, cette opération constitue une première étape vers une remise à niveau durable du service. Mais elle pose également un défi : celui de garantir la maintenance des nouveaux équipements et d’assurer leur exploitation optimale sur l’ensemble du territoire. Reste désormais à transformer cet effort d’équipement en amélioration tangible pour les usagers.