Le président de la République, Kaïs Saïed, a réaffirmé sa volonté de récupérer l’intégralité des fonds dus au peuple tunisien dans le cadre de la réconciliation pénale. Lors d’une réunion tenue lundi 2 novembre 2026 au palais de Carthage avec Ali Abbès, président de la Commission nationale de réconciliation pénale, il a insisté sur la nécessité d’accélérer le traitement des dossiers, sans aucun renoncement aux droits de l’État.
Cette réunion intervient après la publication du décret-loi n°2 de 2026, daté du 30 septembre, qui modifie le décret-loi n°13 de 2022 relatif à la réconciliation pénale et à l’affectation des recettes qui en sont issues.
Le nouveau texte apporte des ajustements aux mécanismes et aux procédures de réconciliation. Il prévoit notamment des possibilités d’assouplissement dans les conditions de règlement des sommes dues, afin de faciliter le traitement des dossiers et d’accélérer le processus de recouvrement.
Accélérer les dossiers sans renoncer aux droits du peuple
Au cours de cette rencontre, Kaïs Saïed a rappelé que l’initiative de réconciliation pénale avait fait face, dès son lancement, à plusieurs tentatives visant à la faire échouer. Il a estimé que la détermination à récupérer les fonds du peuple avait néanmoins permis l’adoption du premier décret-loi en 2022, puis sa révision en 2026.
Le chef de l’État a surtout tenu à clarifier la portée de la souplesse désormais accordée à la commission dans l’examen des dossiers, avant leur soumission au Conseil de sécurité nationale. Selon lui, cette flexibilité doit permettre d’accélérer les procédures et non d’ouvrir la voie au laxisme ou au contournement des objectifs de la réconciliation pénale.
Il a ainsi appelé à rassurer les Tunisiens et à répondre à leurs attentes concernant la restitution de leurs avoirs, tout en invitant les personnes concernées à revoir leurs positions et à revenir dans le droit chemin, sans recourir au chantage, à la manipulation ou aux manœuvres dilatoires.
Saïed met en garde contre l’oubli des dossiers
Kaïs Saïed a également adressé un avertissement à ceux qui misent sur la prescription ou l’oubli pour échapper à leurs obligations. Il a affirmé que les droits du peuple ne disparaissent pas avec le temps, que les fonds concernés se trouvent en Tunisie ou à l’étranger.
« Les portes restent ouvertes à ceux qui sont revenus à la raison », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant qu’aucun délai ne saurait justifier l’abandon des droits du peuple tunisien.
Le président a enfin insisté sur la vocation de ces ressources, qui doivent, selon lui, servir les intérêts des Tunisiens et répondre à leurs attentes. Il a conclu en affirmant que ni les décennies ni les siècles ne pourraient justifier un renoncement à leur récupération.
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