Face à la lenteur persistante de nombreux chantiers publics, la cheffe du gouvernement Sarra Zaâfrani Zenzri a choisi le ton de la fermeté. Lors d’un Conseil des ministres restreint consacré au suivi des projets de développement, elle a placé la responsabilité des gestionnaires publics au cœur de l’action gouvernementale, tout en dressant la liste des grands projets stratégiques que l’exécutif entend accélérer dans les différentes régions du pays.
La réunion tenue jeudi au Palais du gouvernement de la Kasbah marque une nouvelle étape dans la volonté affichée de l’exécutif d’accélérer la réalisation des projets publics. Plus qu’un simple exercice de suivi administratif, le Conseil des ministres restreint a été l’occasion pour la cheffe du gouvernement de rappeler que les retards et les blocages ne seront plus considérés comme de simples dysfonctionnements bureaucratiques.
Une réponse à des blocages récurrents
En évoquant explicitement la reddition des comptes et l’engagement de la responsabilité des auteurs de manquements professionnels, Sarra Zaâfrani Zenzri adresse un message clair à l’ensemble de l’administration : l’avancement des projets devient désormais un indicateur majeur de performance publique.
Le discours gouvernemental s’articule autour d’un constat implicite : de nombreux projets structurants continuent de souffrir d’obstacles administratifs, fonciers, techniques ou procéduraux qui ralentissent leur concrétisation.
Pour y remédier, la cheffe du gouvernement a insisté sur plusieurs leviers. Elle a notamment appelé à la simplification des procédures administratives, à la réduction des délais de passation des marchés publics et à la suppression de certaines autorisations jugées contraignantes.
L’accent mis sur les études préalables – techniques, foncières et environnementales – traduit également la volonté d’éviter les interruptions de chantier qui ont longtemps affecté plusieurs projets d’infrastructure et d’équipement public.
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Cette approche s’accompagne d’un renforcement du suivi de terrain. Les responsables centraux, régionaux et locaux sont désormais appelés à assurer un contrôle quotidien de l’état d’avancement des réalisations, tandis qu’une plateforme numérique nationale doit permettre un suivi en temps réel des projets.
Santé, transport, énergie : les grands chantiers sous surveillance
La présentation effectuée par le ministre de l’Économie et de la Planification a mis en lumière une série de projets considérés comme prioritaires par l’État.
Dans le secteur de la santé, plusieurs infrastructures majeures figurent parmi les dossiers suivis de près, notamment l’hôpital universitaire Roi Salmane à Kairouan ainsi que les hôpitaux multidisciplinaires de Sidi Bouzid et de Gafsa. À cela s’ajoutent plusieurs établissements régionaux destinés à renforcer l’offre sanitaire dans les zones de l’intérieur.
Les infrastructures de transport occupent également une place centrale. Le pont de Bizerte, l’autoroute Tunis-Jelma, la première tranche du Réseau ferroviaire rapide et la modernisation des lignes ferroviaires constituent autant de projets dont l’achèvement est présenté comme un levier de développement économique et d’intégration territoriale.
Le Conseil a également examiné l’avancement de projets énergétiques stratégiques, à commencer par l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie à travers le projet ELMED. L’extension des réseaux de gaz et d’électricité ainsi que l’usine de triple superphosphate de Mdhilla figurent également parmi les dossiers suivis par l’exécutif.
Des projets répartis sur l’ensemble du territoire
L’une des caractéristiques de la liste présentée lors du Conseil réside dans sa dimension territoriale. Les projets évoqués concernent aussi bien les régions côtières que les gouvernorats de l’intérieur.
Les nouveaux barrages prévus à Saïda, Kalâa Kebira, Mellègue supérieur, Tessa et Khalled illustrent la priorité accordée aux ressources hydriques et à la sécurité de l’approvisionnement en eau. Les programmes de protection du littoral et de modernisation des stations d’épuration témoignent quant à eux d’une attention particulière aux enjeux environnementaux.
La transformation numérique à travers le programme GovTech, les projets liés à l’éducation et à la formation professionnelle ainsi que la restauration de monuments emblématiques du patrimoine national, dont les mosquées Zitouna et Okba Ibn Nafaâ, complètent un portefeuille de projets particulièrement diversifié.
Au-delà de l’énumération des chantiers en cours, la réunion de la Kasbah met en évidence une orientation politique plus large : faire de l’exécution des projets publics un critère central d’évaluation de l’administration.
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