La Tunisie s’apprête à franchir une étape importante dans la réforme de son cadre financier et économique. Le président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, Maher Ktari, a confirmé la volonté des députés d’accélérer l’adoption du projet de nouvelle loi sur le change avant les vacances parlementaires.
Intervenant ce lundi 1er juin 2026 sur les ondes de la Radio nationale, à l’occasion d’une séance d’audition consacrée à l’organisation patronale Conect, Maher Ktari a qualifié ce projet de « loi très importante » pour l’investissement en Tunisie et pour l’entrée de devises étrangères dans le pays.
Une réforme attendue depuis des années
Le projet de nouvelle loi sur le change vise à moderniser un dispositif réglementaire souvent jugé complexe et inadapté aux mutations économiques et technologiques actuelles.
Selon Maher Ktari, les travaux menés au sein de la Commission des finances accordent une attention particulière à l’adaptation du texte aux évolutions du commerce extérieur, des paiements internationaux et des technologies financières.
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L’objectif affiché est également de regrouper plusieurs textes juridiques dispersés dans une seule loi de référence afin de simplifier les procédures liées au change et aux opérations financières internationales.
Un signal destiné aux investisseurs
Dans un contexte marqué par une pression persistante sur les réserves en devises et par la nécessité d’attirer davantage d’investissements étrangers, cette réforme est présentée comme un levier économique stratégique.
D’après les experts auditionnés par la Commission des finances, la nouvelle loi pourrait permettre à la Tunisie de gagner entre 1 et 1,5 point de croissance supplémentaire.
Les défenseurs du projet estiment qu’un cadre de change plus souple et plus lisible pourrait faciliter les exportations, améliorer l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers et encourager l’intégration de la Tunisie dans les nouveaux circuits du commerce numérique international.
Des auditions qui se poursuivent
La Commission des finances a déjà auditionné le ministère des Finances, la Direction générale des douanes ainsi que plusieurs organisations nationales autour du projet de réforme.
Les séances d’écoute devraient se poursuivre dans les prochains jours avec d’autres structures concernées avant le passage du texte en séance plénière.
La réforme du code des changes figure parmi les dossiers économiques les plus sensibles depuis plusieurs années en Tunisie, en raison de son impact direct sur les transferts de devises, l’investissement, les exportations et les relations financières avec l’étranger.