Le député de l’assemblée des représentants du peuple (ARP) pour la région de Sfax, Tarak Mahdi, affirme l’existence de milliers de migrants en situation irrégulière actuellement employés sans documents dans plusieurs secteurs économiques, selon une intervention médiatique diffusée sur Jawhara FM.
Il appelle à renforcer le contrôle des conditions de travail et de logement afin de soutenir, selon lui, la stratégie de l’État visant le retour volontaire des migrants en situation irrégulière. Ces déclarations interviennent dans un contexte de forte sensibilité politique et sociale autour de la gestion des flux migratoires en Tunisie.
Que dit le député sur la présence des migrants en situation irrégulière ?
Selon Tarak Mahdi, des milliers de migrants sans statut légal seraient aujourd’hui actifs dans plusieurs secteurs économiques, notamment les restaurants, cafés, unités de production et chantiers de construction. Le parlementaire estime que cette présence s’accompagne de formes d’occupation informelle du territoire, notamment via des logements ou des entrepôts utilisés sans cadre légal conforme.
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Il affirme également que des mouvements récents de migrants ont été observés après le démantèlement de certains campements, avec une dispersion vers les grandes villes et quartiers résidentiels.
Pourquoi les campements sont-ils au centre du débat ?
Le député évoque le démantèlement de camps installés dans certaines zones du sud et du centre du pays, qu’il considère comme un enjeu sécuritaire et territorial.
Il décrit ces espaces comme ayant développé des formes d’organisation interne permettant, selon lui, une autonomie partielle, ce qui justifierait l’intervention des autorités pour récupérer des terres exploitées sans autorisation.
Le député considère que l’emploi de migrants sans autorisation de travail et leur hébergement dans des conditions non réglementaires constituent des facteurs qui prolongeraient leur présence sur le territoire. Il appelle ainsi à une implication des citoyens et des acteurs économiques dans la limitation de ces pratiques, estimant que cela pourrait favoriser les retours volontaires vers les pays d’origine.
Selon lui, plusieurs milliers de départs volontaires auraient déjà été organisés, sans pour autant réduire durablement la pression migratoire.
Quel contexte politique et social en Tunisie ?
La question migratoire reste un sujet sensible en Tunisie, notamment dans les régions de Sfax et du littoral, où se concentrent des dynamiques de transit et d’installation.
Les autorités tunisiennes affirment régulièrement mener des opérations de démantèlement de camps et de gestion des départs volontaires, tandis que des organisations de la société civile alertent sur les conditions humanitaires et juridiques de ces populations. Ce dossier continue ainsi de cristalliser des tensions entre impératifs sécuritaires, économiques et humanitaires.