Un récit inhabituel a été livré sur le plateau de la chaîne Elhiwar Ettounsi par l’ancien ambassadeur tunisien au Sénégal, Chokri Hermassi. Il affirme qu’un marabout sénégalais aurait été sollicité à la fin du régime de Zine El-Abidine Ben Ali, dans un contexte de forte tension politique en Tunisie.
Selon son récit, l’épisode se serait déroulé alors que le pouvoir tunisien tentait encore de contenir la contestation sociale qui allait déboucher sur la révolution. Le diplomate évoque une période marquée par la panique au sommet de l’État et une multiplication des initiatives informelles pour tenter d’influencer l’évolution de la situation.
Il affirme qu’un marabout sénégalais aurait été reçu dans ce cadre et consulté sur la crise tunisienne, dans une démarche présentée comme relevant de pratiques non conventionnelles dans les cercles du pouvoir. « On m’a sollicité pour le recevoir au siège de l’ambassade tunisienne à Dakar », a-t-il raconté.
Des demandes matérielles jugées disproportionnées
Toujours selon cette version, le marabout aurait exigé en contrepartie des “services pour calmer la tension en Tunisie” demandés, un ensemble de compensations matérielles importantes : 147 têtes de moutons, ainsi qu’une soixantaine de bovins et de chameaux, pour une valeur estimée à environ 78 000 euros.
Cette dimension du récit, particulièrement spectaculaire, soulève d’emblée des interrogations, tant sur la plausibilité des faits que sur les conditions exactes dans lesquelles ces échanges auraient pu se produire, mais le diplomate a insisté sur cette version laissant croire qu’il a des preuves et qu’il peut les présenter.
Une chaîne de décision évoquée
L’ancien ambassadeur soutient que cette demande aurait été transmise à des responsables de l’époque, impliquant des proches du pouvoir, notamment un conseiller présidentiel ainsi que des figures de l’exécutif dirigé alors par l’ancien Premier ministre Mohamed Ghannouchi.
Cependant, aucun document officiel ni source indépendante ne vient, à ce stade, corroborer l’existence d’une telle démarche institutionnelle. Le témoignage repose uniquement sur un récit rétrospectif livré plus d’une décennie après les faits supposés.
Ce type de déclaration s’inscrit dans une série de récits post-2011 où d’anciens responsables politiques ou diplomatiques reviennent sur des épisodes peu documentés de la fin du régime Ben Ali. Dans ce cas précis, plusieurs éléments invitent à la prudence : absence de preuves matérielles, temporalité éloignée des faits, et caractère hautement atypique des pratiques évoquées.